3-CHRISTELLE NADIA FOTSO: « MON PÈRE A RÉUSSI SA VIE MAIS IL A RATE SA MORT »

Morceau choisi de « DÉFIGURÉE » le livre de Me Christelle Nadia Fotso

« Pour finir, je suis et je reste seule avec mon histoire, mes histoires, celles que j’ai créé. Vraies ou imaginées, cela n’est pas la question. Je n’écris pas pour dire la vérité. J’écris pour déphaser la survie et vivre pour moi-même. Créer est plus qu’important que respirer. J’ai enterré Elle en comprenant que sa cruauté n’était que preuve de mendicité… Je ne cherche plus mon père. Je l’ai retrouvé en moi. Je ne l’attendais plus et j’étais perdue. Il m’est apparue magiquement dans un rêve. Il savait. Il devait me sourire une dernière fois pour que je puisse avancer et continuer d’être le tombeau de sa mère. » « A Bandjoun, Javert est un modèle. Fantine se fait gang-banger publiquement : rien n’y est plus jouissif qu’une tournante. Cosette rampe dans la terre rouge pour trouver de quoi s’engraisser, grandir furieusement et prendre suffisamment de formes pour se prostituer lucrativement. Marius aime les catins et jouit devant son miroir dans une bâtisse odieusement immense et grotesque qui l’exile du réel en n’attirant que la débauche. Jean Valjean ne se relève jamais d’avoir volé du pain et trépasse dans un bagne surpeuplé

« Je dois et vais le dire clairement : j’ai toujours aimé être la fille de mon papa ; le plus déchirant a été de cesser de n’être que cela en lui demandant ce qu’il ne pouvait pas me donner bien qu’il a essayé d’être au moment où j’avais le plus besoin de lui d’abord mon père. Sa légende, Bandjoun et je l’admets enfin sa nature ont rendu cela impossible. Il m’a foudroyée sans aller jusqu’au bout de son acte autodestructeur en m’exterminant. J’ai tout fait pour ne pas voir, pleurer et mourir d’aimer. Mais à la fin, il y a eu de la cruauté et de la sauvagerie qui n’ont été possibles que parce que mon père savait que c’était possible !

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