(édito)

La situation économique, sociale et politique des gouvernements africains ne s’améliore
guère. Les élections se succèdent et n’apportent aucune évolution positive à la
gouvernance.
A la tête des Etats, les femmes et les hommes se croient investis d’une mission divine pour
s’éterniser au pouvoir. Les échecs se suivent.
Depuis les indépendances, nos chefs d’Etat suivent les mêmes trajectoires qui conduisent
aux mêmes maux : la corruption, le tribalisme, le clanisme, etc.
Ces maux conduisent l’Afrique à une faillite morale, économique, sociale où la
méritocratie laisse la place à l’incompétence.
Pour mettre fin à cette gabegie, les coups d’Etat restent la seule issue pour sortir de
l’oisiveté du dirigeant aveuglé par sa cour. Les militaires interviennent. Le peuple salue
une nouvelle ère de gouvernance où l’effort et l’honnêteté seraient reconnues.
Mais, le mal est beaucoup plus profond. Nos dirigeants ne sont que des gardiens du temple.
Ils refusent délibérément d’assumer leurs fonctions et deviennent les pantins des
puissances coloniales. Ils se discréditent pour se maintenir au pouvoir par la terreur.
Les pouvoirs dits « Constitutionnels », c’est-à-dire ceux qui résultent des élections
truquées, procèdent autrement. Ils changent leurs constitutions. Ils peuvent ainsi se
maintenir au pouvoir jusqu’à la mort.
Dans les deux cas, le peuple est lésé et n’a plus que ses yeux pour pleurer.
Qu’est ce qui conduit nos dirigeants vers des dérives injustifiées ? Est-ce l’incompétence
ou l’irresponsabilité morale ?
Cette fuite en avant porte la marque de plusieurs facteurs. Nous citerons les plus
marquants :

  • L’Instabilité politique ;
  • La corruption et la mauvaise gestion ;
  • Les inégalités sociales et économiques où la pauvreté devient criarde ;
  • Les influences extérieures ;
  • La faiblesse des institutions démocratiques ;
  • Les conflits ethniques et régionaux, etc.
    Ces facteurs, combinés à un manque de dialogue politique et à une culture de la violence,
    contribuent à la fréquence des coups d’État militaires et des changements constitutionnels

en Afrique.
Mais, ce n’est pas une raison de désespérer. L’Afrique souveraine ne saurait attendre la
mort, l’exil ou le renoncement des dirigeants actuels. La jeunesse vive et la diaspora
devraient désormais s’occuper de la chose politique et décider de l’avenir du continent qui
croule sous une richesse insolente et bradée aux prédateurs chroniques.

Par Michel Lobé Etamè
Journaliste Indépendant, Essayiste et romancier

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