(écrits)

John Mearsheimer né le 14 décembre 1947 à New York, est professeur à l’Université de Chicago en relations internationales, l’inventeur du concept du réalisme offensif.

Dans son livre « La tragédie des Grandes puissances » publié en 2001, il explique que le monde ne peut pas rester dominé par un seul « hégémon global » que sont les États-Unis depuis 1991. Selon lui, le système international est anarchique et pousse les grandes puissances à rechercher la suprématie régionale.

Résultat des courses : on se dirige vers un monde des hégémons régionaux : États-Unis en Amérique, Chine en Asie, Russie en Europe de l’Est, Iran au Moyen-Orient etc.).

Or, écrit l’auteur, la stratégie américaine est très dangereuse et pousse le monde vers une guerre mondiale inévitable, puisque les autres puissances ne voudront pas continuer de subir son hégémonie. Pire, écrit Mearsheimer, les États-Unis savent qu’ils ne peuvent pas contrôler directement toutes les régions. Leur stratégie consiste à placer des alliés pivots ou « sous-chefs » dans chaque zone :

  • Japon et Corée du Sud en Asie de l’Est pour contenir la Chine.
  • Israël au Moyen-Orient pour défendre leurs intérêts et contenir l’Iran.
  • Allemagne et Royaume-Uni en Europe pour équilibrer la Russie.

Mais Mearsheimer estime que cette stratégie est instable à long terme, car les grandes puissances locales que sont la Chine, la Russie et l’Iran, vont immanquablement finir par contester ce système. On va ainsi assister à des formes diverses de contestations, avec trois foyers principaux :

1) La Chine va refuser de rester sous l’ombre américaine et chercher à devenir l’hégémon régional en Asie.

2) L’Iran, dans une moindre mesure, en s’appuyant sur des puissances plus grandes comme la Chine et la Russie, va contester l’ordre américain au Moyen-Orient, en commençant par contester le “sous-chef” des Etats-Unis dans la région qu’est Israël. Et tout cela ne peut se terminer que par une guerre certaine.

3) La Russie agit aussi comme un hégémon régional en Europe de l’Est, et refuse que les Etats-Unis viennent lui dire quoi faire dans les espaces vitaux pour la Chine, de l’ancienne Union Soviétique, ce qui finira aussi par une guerre, afin que les Etats-Unis comprennent que sa suprématie est terminée. Ce qui arrivera ensuite avec le conflit en Ukraine.

Tout cela est écrit en 2001. Et c’est depuis lors que Mearsheimer, soutient que le monde unipolaire américain touche à sa fin. Les États-Unis tentent de maintenir leur influence via des alliés régionaux, mais cela ne peut pas durer indéfiniment. La montée de la Chine, la résistance de l’Iran et l’activisme de la Russie montrent que l’ordre international devient multipolaire, avec plusieurs hégémons régionaux en compétition.

Lors de son interview exclusive sur la chaîne de télévision américaine NBC avant hier, jeudi 5 mars 2026, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi a affirmé que la Russie et la Chine soutiennent l’Iran « politiquement et autrement ». Il a ajouté que la coopération militaire entre Moscou et Téhéran « n’est pas un secret » et qu’elle a existé dans le passé, continue aujourd’hui et « continuera probablement ».

Source : https://newsukraine.rbc.ua/news/iran-hints-at-russian-military-support-amid-1772747265.html

Nous sommes là, dans la confirmation du réalisme de Mearsheimer, qui veut que les trois pays, la Russie, la Chine et l’Iran aient un seul et même intérêt : mettre fin à l’hégémon américain, afin que chacun d’eux reste le seul pour diriger dans sa région.

Quand Donald Trump fanfaronne qu’il veut avoir son mot à dire sur la nomination du prochain Ayatollah en Iran, cela montre qu’il n’a pas lu Mearsheimer, pour comprendre qu’avec le soutien à l’Iran de ces deux puissances, la guerre est faite pour durer, jusqu’à ce que les Etats-Unis quittent définitivement du Moyen-Orient.

Le ministre iranien lors de cette interview sur NBC Araghchi a justement insisté sur le fait que ces deux puissances apportent un appui à l’Iran, non seulement diplomatique mais aussi dans “d’autres domaines”. Il est spécifiquement vague sur la définition de ces “autres domaines”. A chacun de remplir ce vide par ce qu’il veut. Mais il a tout de même reconnu que explicité que l’Iran et la Russie ont une coopération militaire de longue date, et qu’elle se poursuit. Il n’a juste pas confirmé une aide militaire directe dans le conflit actuel, mais a laissé entendre que Moscou continue de fournir un soutien.

Il y a un message politique sous forme de leçon pour les dirigeants africains qui répètent bêtement qu’on ne quitte pas un maître pour un autre et que les pays africains vont s’en sortir seuls face au seul hégémon du moment, face à l’agressivité des Etats-Unis. Araghchi affirme que l’Iran n’est pas isolé face aux États-Unis et à Israël, et qu’il bénéficie de l’appui de grandes puissances.

Selon des sources occidentales, la Russie aurait transmis des informations militaires à l’Iran sur les positions américaines dans la région. Ce qui a servi à rendre plus efficaces les bombardements sur les bases militaires américaines. La Russie rend la monnaie de ce que les Etats-Unis lui font depuis plus de 4 ans en Ukraine. L’objectif du ministre iranien dans cette interview exclusive, est de rassurer son opinion publique interne en Iran et signaler à Washington que Téhéran n’est pas seul et surtout qu’il dispose d’alliés puissants grâce à cela, la guerre a été planifiée pour durer autant qu’il le faudra.

Cela confirme les prévisions du professeur Mearsheimer qui avait prévu en 2001 comme nous les constatons aujourd’hui, que la montée de la Chine, la résistance de l’Iran et l’activisme de la Russie montrent que l’ordre international devient multipolaire, avec plusieurs hégémons régionaux, tous en compétition.

Ce samedi 7 mars 2026, nous sommes à peine au 8ème jour de la guerre, et on semble déjà une éternité. En une semaine, tous les mensonges des Etats-Unis faisant croire aux pays arabes qu’ils pouvaient assurer leur sécurité à condition qu’ils acceptent de se laisser marcher dessus par Israël se sont effondrés. Et même si la guerre devait se terminer aujourd’hui, il est évident que rien ne sera plus comme avant. On n’a pas besoin d’avoir la compétence ou l’expérience d’un Mearsheimer, pour anticiper que ce sont les pays du Golfe Persique comme l’Arabie Saoudite qui vont mettre les Etats-Unis à la porte.

QUAND LA CHINE ET LA RUSSIE RESTENT EN EMBUSCADE DANS LE CONFLIT EN IRAN

Hier vendredi le 6 mars 2026, le président des Etats-Unis, Donald Trump dans sa sortie quotidienne, a dit que l’Iran doit juste capituler, un point c’est tout. Mais ce que Trump ne sait pas, ce sont deux choses : d’un, l’Iran n’est pas seul dans cette guerre, et de, deux, les deux autres acteurs cachés du conflit, la Chine et la Russie, ont construit les conditions pour la capitulation des Etats-Unis, ce qui permettra de débloquer deux problèmes principaux, la fin de la guerre d’Ukraine avec l’Oblast d’Odessa dans la Fédération de Russie et l’épilogue de la crise de Taiwan qui dure depuis 1949 et qui doit rentrer dans la République Populaire de Chine.

Trump ne sait pas qu’il a été invité malgré lui, dans le “Motion” (film) où il joue le rôle de catalyseur pour la transition vers le nouveau monde sous conduite sino-russe. Et comme dans tout Motion, vous avez des figurants qui savent qu’ils ne font pas partie du film, mais comme ils n’ont pas lu la trame, ils ne savent pas bien, pourquoi on est là et qui sont les acteurs principaux du Motion.

Dans notre leçon d’aujourd’hui, après la RDC et le Niger, le nouveau pays africain qui joue au con, c’est l’Angola, qui sort de l’Opep, pour plaire à l’Occident et mettre en difficulté la Russie qui a besoin qu’on diminue la production du pétrole pour éviter que le prix s’écroule en 2023.

Le même Angola, annonce d’avoir réglé toutes ses dettes de la Chine et qu’il est enfin libre.

Mais l’aventure avec ses amis Américains, avec des emprunts à plus de 10% l’ont poussé vers le FMI qui lui a fait comprendre que c’est la facture quand on fait le con, et voilà que pour le mois prochain, l’Angola, qui continue d’importer son pétrole raffiné de Chine, exactement comme le Nigeria, le Kenya, la France, les Pays-Bas, a obtenu une audience avec le patron de tout ce Motion, le président Xi Jinping, pour s’excuser d’avoir fait le con en 2023, et demander un prêt de près de 5 milliards de dollars pour la construction de sa raffinerie de pétrole que la Chine avait commencé à construire et qu’elle a arrêté, quand l’Angola a voulu envoyer des clins d’œil à Joe Biden qui lui a répondu en effectuant en Angola la première visite d’un président américain en Afrique depuis 10 ans.

Mais là, il ya 10 jours, le 25 février 2026, après avoir trahi la Russie et la Chine, avant de comprendre le Game, l’Angola demande au patron du Motion, la Chine, de revenir dans le film. Il y aura un embouteillage à Pékin. Xi Jinping lui a donné le rendez-vous, les mêmes jours qu’à un certain, Donald Trump. C’est une coïncidence ?

Source : https://www.reuters.com/business/energy/angolas-state-oil-firm-sonangol-seeks-48-billion-loan-china-refinery-2026-02-25/

C’est Donald Trump qui n’a pas compris qu’il est déjà dans le Motion, mais avec un rôle que le patron du Motion lui a donné : il est celui qui signera la capitulation de l’empire prédateur occidental. Commentaire ? Installez-vous bien dans votre chaise de raphia et de bambou tissé, je vais tout vous expliquer. C’est très passionnant. C’est vraiment comme du cinéma.

Commençons notre film du jour par le générique d’entrée en matière, et de présentation des principaux acteurs.

Avant hier, jeudi le 5 mars 2026, on apprend que la Chine a pris la décision d’interdire toute exportation de pétrole. Alors que le détroit d’Ormuz est fermé et que seuls les bateaux chinois sont autorisés à passer, la flambée des prix ne touche pas la Chine. Tout le monde a été pris de cours lorsque cette nouvelle est tombée. Et la seule explication plausible des experts est que la Chine veut donner un coup de main à l’Iran.

Car en sélectionnant le moment le plus critique où le pétrole va bientôt manquer, pour interdire toute exportation de pétrole, tous les pays clients seront obligés de s’adresser sur un marché international déjà en tension. Et le résultat est connu d’avance : flambée programmée des prix du pétrole sur le marché. Certains spécialistes pensent que le prix du pétrole pourra atteindre 150 dollars avec toutes ces conditions réunies.

Jeudi le 5 mars 2026, la télévision économique américaine Bloomberg titre à la une :

“La Chine dit aux meilleurs raffineurs d’arrêter les exportations de diesel et d’essence”

Le journaliste Alfred Cang écrit :


Le gouvernement chinois a déclaré aux principaux raffineurs de pétrole du pays de suspendre les exportations de diesel et d’essence alors qu’un conflit croissant dans le golfe Persique perturbait l’arrivée du brut de l’une des plus grandes régions productrices du monde. (…)

Les responsables de la Commission nationale du développement et de la réforme, le principal envisagé économique du pays, ont appelé à une suspension temporaire des expéditions de produits raffinés qui commenceraient immédiatement, selon des personnes au fait du dossier. Ils ont demandé à ne pas être nommés car les discussions ne sont pas publiques.

Lors d’une réunion plus tôt cette semaine, les raffineurs ont été invités à cesser de signer de nouveaux contrats et à négocier l’annulation des expéditions déjà convenues, ont déclaré les gens. Une exception a été faite pour le carburant à réaction et au bunker détenu dans le stockage et les fournitures collées à Hong Kong et Macao, ont-ils ajouté.

Source : https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-05/china-tells-top-refiners-to-suspend-diesel-and-gasoline-exports

Jusqu’ici, vous n’avez rien compris n’est-ce pas ?

Je vous comprends, toute votre vie, les médias vous ont expliqué que la Chine va en Afrique acheter le pétrole parce qu’elle est insatiable. Ce qui est faux. La Chine a pris la décision de lancer la production du pétrole au Niger, alors que les Majors américains avaient tous dit que ce n’était pas rentable, parce que c’est elle qui contrôle le Game.

C’est elle qui construit les raffineries, c’est elle qui elle qui contrôle l’essentiel des terres rares qui servent dans la transformation du brut du pétrole en essence et en diesel, c’est elle qui fabrique les installations, pour construire les oléoducs etc.

Tout le monde sait que l’Organisation des Pays Producteurs de Pétrole (OPEP) est la plus grande institution qui influence le prix du baril de pétrole sur les marchés du monde. Il y a aussi une extension dénommée Opep+ qui inclut la Russie.

Ce qu’on sait moins est qu’au-dessus de tous ces pays, il ya un patron et ce patron s’appelle la Chine.

Lorsque Donald Trump croit mettre la main sur le pétrole du Venezuela et celui de l’Iran, parce qu’on lui aurait dit que l’Iran n’a que la Chine comme acheteur, il n’a pas toute l’information ?

On ne lui a pas dit qu’aujourd’hui, il existe une figure qui a été créée et qui s’appelle la « banque du pétrole » et ce poste est occupé par celui qui l’a créé et imposé aux autres, dans le silence le plus total, la Chine.

Question : C’est quoi la banque du pétrole ?

Réponse :

Aujourd’hui, la Chine est considérée comme « la Banque de Pétrole » non pas parce qu’elle possède les plus grandes réserves naturelles, avec ses réserves prouvées de brut d’environ 28 milliards de barils en 2025, elle n’est que 13ᵉ mondial (seulement, 1,6 % des réserves mondiales), mais parce qu’elle a constitué des réserves stratégiques gigantesques de brut, capables de stabiliser son marché et d’influencer les prix mondiaux. En clair, Pékin agit comme une « banque » qui stocke et libère du pétrole selon ses besoins et la conjoncture internationale.

Sa création date de 2004 avec le mais de réduire la vulnérabilité de la Chine, face aux chocs pétroliers. Et surtout, pour éviter qu’un pays comme les Etats-Unis, n’utilise l’arme du pétrole pour pincer la Chine ou pour la contraindre à agir sous le chant, comme l’espère Donald Trump aujourd’hui d’abord avec le Venezuela et maintenant avec l’Iran, qui tous deux un point commun : ils sont les principaux fournisseurs de pétrole à la Chine.

Depuis 2004, Pékin a construit des dizaines de sites géants souterrains à Dalian, Huangdao, Zhanjiang, etc., capables de stocker des centaines de millions de barils. Tous les principes pays du monde, notamment les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France, l’Italie etc. font la même chose.

Question : Quelle est alors la différence avec ce que fait la Chine ?

Réponse : La Chine, mise à la disposition de ses immenses espaces de stockage souterrains à la disposition des membres des pays producteurs de pétrole, l’OPEP+ (avec la Russie), pour éviter de vendre le pétrole quand le prix est trop bas sur le marché. Ainsi, pour éviter que les pays producteurs soient à la merci des spéculateurs sur les marchés de l’occident, qui sauraient que lorsqu’une goutte de pétrole jalllit, vous ne pouvez pas fermer le robinet, alors, on peut spéculer vers le bas pour vous contraindre à céder, puisque le pétrole qui a déjà jalli ne peut plus revenir dans la terre, la Chine a alors dit : ce n’est grave, venez stocker chez moi, tout le pétrole qui jaillit, chaque fois que le prix sur le marché ne vous organiser pas. C’est ce levier qui fait que les pays de l’Opep, sortent intelligemment des quantités de pétrole du marché, pour augmenter les prix ou pour empêcher qu’ils s’effondrent.

Question : Concrètement, comment ça marche ?

Réponse : En cas de prix bas, la Chine achète massivement et remplit ses réservoirs. Ce qui fait augmenter automatiquement le prix sur le marché. C’est ce qui s’est passé lorsque le président du Conseil italien, Mario Draghi avait proposé et obtenu en 2022, que l’Union européenne ne paye pas le pétrole russe à plus de 60 dollars le baril. Bien entendu, la Russie a refusé.

Sans le levier de la Chine, l’Union Européenne aurait tout simplement attendu, que les bateaux pleins de pétrole russe, ne soient plus déchargés tant que Moscou n’accepte pas le price-cap de 60 dollars le baril. Mais dès le lendemain du refus russe, tous les chargés du pétrole russe, ont bateaux pris la destination de la Chine, pour être stocké dans ces sous-terrains. Ce qui a contraint l’Union Européenne à revenir sur sa décision. Malgré les sanctions annoncées publiquement, l’UE a continué d’importer le pétrole russe.

En cas de crise ou de flambée des prix, c’est la Chine qui, en accord avec les pays de l’OPEP, libère du brut sur le marché intérieur, et exporte plus de pétrole raffiné, pour amortir le choc. L’Opep n’a pas intérêt que le prix soit trop élevé non plus.

Si tel est le cas, les producteurs américains qui sont louables à partir de 72 dollars le baril, contre 3 dollars le baril pour le pétrole saoudien, seraient nombreux à mettre sur le marché leur pétrole de schiste. Et c’est pour mettre à mal le slogan de Trump de Drill Baby Drill (forez, forez, forez) que la Chine, laisse l’illusion aux entreprises américaines qu’elles peuvent occuper le marché, avant de décider de lâcher sur son marché intérieur la quantité de pétrole suffisante, pour éliminer du marché les producteurs américains que l’Opep ne veut pas voir.

Il arrive aussi que la Chine inonde le marché du pétrole pour punir un pays qui a voulu jouer au con. Cela a été le cas de l’Angola, qui a quitté l’Opep pour trahir la Russie et faire ses noces avec Washington en refusant de se soumettre à la réduction de sa production qu’avait imposée l’Opep en 2022, pour venir en aider à la Russie qui venait de débuter sa guerre en Ukraine.

Pour punir l’Angola, la Chine a inondé le marché du pétrole, après que l’Angola a annoncé d’avoir payé toute sa dette avec la Chine. Cela a eu comme effet, de consommer toutes les rentrées d’argent de l’Angola, qui s’est retrouvée très vite à emprunter au taux de plus de 10% qu’il ne pouvait pas rembourser et donc de finir au FMI. Puis, depuis 10 jours, retour à la maison, avec tant de demande d’excuse et de pardon à ses anciens camarades.

Observez bien que ces mouvements de pétrole se passent en Chine, mais ont un effet mondial. Parce que la quantité de pétrole que la Chine va demander sur le marché, va directement influencer les cours internationaux, comme une banque centrale qui régule la monnaie. C’est de là que vient l’appellation de la Chine comme la banque de pétrole du monde.

Comme la banque, elle fait le stockage massif de pétrole dans l’une des plus grandes réserves stratégiques au monde. Comme la banque, elle a un pouvoir de régulation, puisqu’elle peut « prêter » du pétrole à son économie en cas de crise, ou « retenir » ses achats pour peser sur les prix mondiaux.

Résultat des cours, alors que la Chine n’est pas membre de l’OPEP, Pékin utilise ses réserves comme un outil de sécurité nationale et surtout de diplomatie énergétique.

Source : https://www.institut-sciences-strategiques.org/etats/chine/la-reserve-strategique-de-petrole-de-la-chine/

Maintenant que vous savez comment la Chine s’est imposée comme régulateur du pétrole au niveau mondial, en faveur des pays producteurs, posons-nous une autre question tout à fait légitime :

Question : Pourquoi dans le match qui oppose producteurs et consommateurs de pétrole, la Chine a fait le choix de se mettre du côté des producteurs et faire leurs intérêts, contre ceux, raisonnables du plus grand client de pétrole dans le monde ?

Réponse : La Chine le fait pour deux raisons, d’abord avant toute chose, la Chine se demande, entre les acteurs en présence, qui sont ses ennemis et elle choisit le camp adverse. Il a ici une différence idéologique : la Chine voit deux acteurs sur le marché du pétrole que le commun des mortels ne voit pas. D’un côté, il y a un spéculateur, un capitaliste qui veut gagner de l’argent avec les premières matières énergétiques d’un pays, souvent endetté.

Devant les intérêts d’un privé, d’un individu, qui fait de la spéculation sur le prix du pétrole, pour affamer les pays pauvres qui ne comptent que sur ce pétrole pour se financer, une Chine dirigée par un parti communiste n’a pas eu du mal à choisir son camp. La deuxième raison découle de la première.

Si celui qui n’est pas mon ennemi, est en plus un état qui produit du pétrole et que je l’aide à s’enrichir non pas des individus, mais tout le pays avec son pétrole, que fera-t-il avec ce nouveau pouvoir d’achat à sa disposition ?

Il va acheter les produits chinois dont la population a besoin pour augmenter son niveau de modernité et non aller le thésauriser dans une banque pour se compléter d’avoir un compte bancaire avec plusieurs zéros.

Donc, même si la Chine est perdante au début, dans le court terme, elle a fait un autre pari qu’aucun pays occidental n’a fait en ces 5 derniers siècles : la prospérité partagée. Le développement n’est plus un jeu à somme nulle, où tu t’enrichies, parce que je me suis appauvri ou parce que tu m’as contraint à la misère, mais le nouveau pari est de se demander : pourquoi ne pas nous enrichir ensemble ?

C’est cette petite question que l’Angola a fui la Chine en 2023 et a pris moins de trois ans, pour comprendre, c’était quoi le Game.

C’EST QUOI LE LIEN DE TOUT CA AVEC LA GUERRE DES ÉTATS-UNIS CONTRE L’IRAN ?
(…)
(…)
Vous venez de lire les 10% de la leçon. Les restants 90% sont sur www.pougala.net

Jean-Paul Pougala

Samedi le 7 Mars 2026

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