Jusqu’ici, l’Afrique est vue par les grandes puissances occidentales comme une terre de conquête où tous les excès sont permis et dont le destin est étroitement lié à ses maitres.
Cette perception de l’Afrique est étriquée, rétrograde, malsaine et malhonnête. Elle masque une civilisation qui est à l’origine des grandes mutations et réalisations qui ont conduit l’homme moderne à bâtir un nouvel ordre civilisationnel.
L’apport culturel de l’Afrique, à travers le temps, est loin d’être négligeable. Le règne des pharaons vient nous rappeler que l’Afrique a été le centre du monde où la Grèce et l’Empire romain venaient apprendre les mathématiques, l’art et l’astrophysique. L’histoire, bien que tronquée, a été démystifiée. La culture égyptienne est bien africaine et noire.
La jeunesse africaine actuelle, abreuvée par les œuvres de l’anthropologue Cheikh Anta Diop, a conscience de l’apport de l’Afrique noire dans le nouveau monde. Cette vérité scientifique ne peut plus être auscultée. Cette Afrique a été longtemps considérée comme un territoire sans âme ni histoire. Ce gros mensonge bat de l’aile aujourd’hui.
Cette Afrique a un passé glorieux que le monde découvre actuellement dans les musées occidentaux. Les œuvres d’art de nos artistes méconnus font l’admiration d’un public médusé à New-York, à Paris, à Bruxelles ou à Berlin. Le pillage systématique de toutes ces œuvres avait pour objet de cacher une culture, une civilisation ou encore un modèle social bien organisé.
Les combats actuels de la jeunesse africaine ont un seul objectif : se réapproprier notre culture et l’enseigner à nos enfants, poursuivre la quête de la liberté et sortir de la soumission qui nous prive de nos droits élémentaires.
L’Afrique vue par les africains est un processus qui vient de s’enclencher pour donner une nouvelle dimension à un continent et à une culture étouffée pour justifier les siècles d’esclavage, de colonisation et de néocolonialisme. Cette époque est révolue. Le monde « moderne », celui qui a consciemment pratiqué le racisme, l’apartheid et da discrimination est à bout de souffle. Nous en avons conscience malgré quelques soubresauts des anciens maitres accrochés à leurs privilèges qui trainent une odeur puante.
L’Afrique, continent des cultures, lieu privilégié du métissage, est disposée à faire valoir ses droits. Nous traversons une époque transitionnelle que nous devons gérer avec une habileté, une efficacité et une détermination inébranlable. Pour y parvenir, nous avons besoin d’unité, de fraternité et d’amour. C’est pourquoi nous devons combattre ensemble le terrorisme importé qui vient fragiliser nos efforts à reconquérir notre souveraineté. Cette période est cruciale. Mais elle nous permet aussi de décider sereinement de notre avenir.
Mais plus jamais, nos partenaires et amis ne doivent décider pour nous. L’âge mature qui est le nôtre nous conduit à la raison, au dialogue et à la responsabilité. C’est à ce stade que nos choix politiques détermineront notre avenir à long terme. L’Afrique doit choisir librement ses dirigeants, sans aucune influence extérieure, afin de mener des politiques nationalistes qui tiennent en compte les intérêts supérieurs du continent. Tout ceci est possible avec de nouveaux dirigeants.
L’Afrique aux africains ! Ce slogan ne vous dit-il pas quelque chose ?
Par Michel Lobé Étamé
Journaliste Indépendant

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