JOURNÉE DE ESCLAVAGE: CONFÉRENCE DÉBAT de JACKY MOIFFO Vol 1 (JMTV+)

L’ESCLAVAGE MODERNE Le 27 avril 1848, le gouvernement provisoire de la deuxième République, sous l’impulsion de Victor Schœlcher, décrète l’abolition de l’esclavage en France. Cent soixante-dix ans plus tard, où en est-on en France et dans le monde? L’esclavage existe-t-il toujours ? A-t-il pris d’autres formes? 1948, article 4 de la Déclaration des droits de l’homme des Nations unies: «Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. L’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes » I- Les formes contemporaines d’esclavage L’esclavage traditionnel, où la personne est un objet qui appartient à une autre personne, existe toujours dans quelques rares pays. Mais d’une manière générale, on ne parle plus exactement des mêmes choses. Aujourd’hui, un esclave est une personne vulnérable, c’est généralement une femme ou un enfant, parfois un homme, qui n’a aucun moyen de se défendre. Il a perdu tous ses droits et il est soumis à des exploiteurs. Mais on n’est pas dans un système de fers aux pieds et de traite négrière sur des bateaux. Aujourd’hui, ils voyagent parfois en avion, parfois dans des coffres de voitures mais la situation de ces personnes est toujours dramatique. C’est une négation parfaite de la personne humaine, puisqu’une personne dépend entièrement d’une autre pour un travail qu’elle n’a pas le droit de quitter et qui peut être dangereux, un domicile huppé où elle est astreinte à toutes les corvées, voire une ou un proxénète à qui elle doit obéir au doigts et à l’œil. Ses papiers d’identité sont en général confisqués. L’Organisation internationale du travail (OIT), qui dépend de l’ONU, estime qu’entre 2012 et 2016, quatre-vingt-neuf millions de personnes ont été en situation d’esclavage dans le monde, pour une durée allant de quelques semaines à toutes ces années. II- De quoi parle-t-on précisément quand on évoque l’esclavage moderne? Les esclaves modernes se sont des personnes qui se trouvent dans des situations de grande vulnérabilité, soit des situations de conflits, soit de grande pauvreté et dont profitent des personnes qui ont les moyens et qui exploitent ces situations. Donc il y a différents types d’esclavage contemporain. L’esclavage pour dette, quand quelqu’un a besoin d’argent pour des médicaments, des semis, pour quoi que ce soit, et qui emprunte à un prêteur qui le réduit en situation d’esclavage, l’obligeant à travailler pour rembourser sa dette. Mais comme il ne peut jamais rembourser sa dette parce qu’il faut qu’il paye sa nourriture, son hébergement, il se retrouve dans une situation d’esclavage qui est transmis à ses enfants. Le travail forcé est la forme la plus répandue que l’on retrouve dans tous les domaines, et de manière plus importante dans le travail domestique. L’OIT estime qu’il y a 20 millions de personnes en situation de travail forcé, dont 15 millions dans le secteur privé où cela rapporte 150 millions de dollars aux exploiteurs, soit une somme extrêmement importante. La deuxième cause est la construction, le bâtiment, le monde agricole, les pêcheries et les mines qui font travailler beaucoup d’enfants comme esclaves, car ils sont très petits pour entrer dans les galeries, là où les adultes n’arrivent pas à aller chercher le minerai. Il y a également l’esclavage sexuel, c’est-à-dire la prostitution forcée et la pédopornographie et tout ce qui tourne autour d’internet. Selon l’OIT, cela représente 5 millions et demi de personnes avec un grand nombre de femmes et d’enfants mineurs. Aujourd’hui, on considère aussi que le mariage forcé est une forme d’esclavage moderne, pratiqué dans beaucoup de pays, notamment en Afrique où cela reste actuellement la principale forme d’esclavage. Sans oublier les enfants soldats, dont on considère qu’il s’agit d’une forme d’esclavage. Soit ces enfants sont armés et ils combattent, soit ils sont réduits à des tâches sexuelles ou domestiques. Ils sont extrêmement jeunes quand ils sont dans ces situations et c’est très difficile de les en sortir, car quand ils ont vécu ces choses épouvantables, c’est très compliqué de les remettre dans une vie normale. Enfin, il y a aussi un esclavage par les États, et non pas par des particuliers, pour des grands projets de développements, pour construire des infrastructures, comme par exemple des routes ou des ponts. Cette main-d’œuvre forcée est exploitée, enfermée, doit obéir aux ordres et ne sera jamais payée. Sylvie O’Dy, présidente du Comité contre l’esclavage moderne & Joël Didier ENGO Consultant-Chroniqueur Politique sur JMTV+

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