AFFAIRE Me LYDIENNE EYOUM: »GUERRE AKAME MFOUMOU BELLO BOUBA MAIGARI » 2/5(JMTV+)

Seconde Partie du témoignage de Maître Lydienne Eyoum

…Je suis passée par l’enfer de KONDENGUI de janvier 2010 au 04 juillet 2016.
J’ai fini par en sortir comme par miracle, mais j’ai dû lutter pour cela, de toute la force de ma détermination à rejeter des accusations injustes.
Mon chemin vers ce je ne sais quoi appelé KONDENGUI que j’appelle un camp de concentration redoutable commence en 2005.
Des rumeurs propagées par le ministre de la justice en personne, Monsieur Amadou Ali sont relayées tous les jours par les médias privés camerounais spécialement la presse écrite, les radios, les réseaux sociaux, m’accusant de détournement de deniers publics.
Je découvre plus tard qu’il a fait élaborer un rapport confidentiel de l’ANIF (Agence Nationale d’Investigation Financière, créé au Cameroun par décret du 31 mai 2005) dressé « en urgence » dès la création de cette Agence publique de renseignements financiers, instituée par le règlement N° 01/CEMAC-UMAC-CM portant prévention et répression du blanchiment des capitaux et financement du terrorisme dans chaque Etat de la sous région Afrique centrale.
La mission de l’ ANIF est « de recevoir, de traiter et, le cas échéant de transmettre aux autorités judiciaires compétentes tous renseignements propres à établir l’origine des sommes ou la nature des opérations faisant l’objet de la Déclaration de Soupçon au titre de la lutte contre le blanchiment des Capitaux et le financement du Terrorisme »
Monsieur Amadou Ali fait de ma personne le premier client de cette Agence.
Dans des réunions au sommet et partout au ministère de la justice, il répand que je suis l’avocate et la maîtresse qui met toutes ses compétences et son inventivité à servir de prête-nom à Monsieur ABAH ABAH, propriétaire d’un parc immobilier impressionnant à Douala, la capitale économique.
Son fantasme fonctionne dans beaucoup d’esprits. Tous les grands et beaux immeubles de Bonanjo à Bali m’appartiendraient officiellement, mais en réalité à Monsieur ABAH ABAH. A telle enseigne que dès mon incarcération une perquisition est menée à mon domicile en mon absence donc, et en l’absence de mon époux, décidé à ne pas quitter les couloirs du ministère de la justice ni l’Ambassade de France sans avoir obtenu un permis de communiquer avec sa femme, interdite de toute visite plus de trois semaines après sa mise en détention.
Mon personnel de maison est ensuite embarqué par les agents de la police judiciaire pour continuer la perquisition dans les « tours jumelles » de bali, persuadés par Yaoundé qu’elles m’appartiennent avec beaucoup d’autres immeubles de la ville. Et malgré l’évidence et la présentation par cette dame de ses titres de propriété elle est également embarquée à la police judiciaire puisqu’elle persiste à dire qu’elle ne connaît ni Me Eyoum, ni particulièrement ABAH ABAH. Sans même savoir pourquoi, cette pauvre dame me retrouvera à KONDENGUI où elle passera deux semaines de détention. C’est grâce à son récit dans la cellule qu’elle partage avec moi sans me connaître que je comprends que je suis en quelque sorte responsable de ses ennuis du moment. J’en ai pleuré cette nuit-là en cachette toutes les larmes de mon corps…
A suivre

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