(écrits)
Au Cameroun, la loi de finance 2026 prévoit une taxe de 5% sur la valeur FOB à l’exportation du minerai de fer, de l’Alumine et de l’étain. Par ailleurs, un prélèvement de 10% sera appliqué en ce qui concerne les exportations de marbre et de Clinker.
Ces nouvelles mesures visent prioritairement à encourager la transformation locale des diverses ressources minérales sus-citées.
Il faut préciser que lorsque les matières premières produites sont transformées in-situ, cela est très avantageux pour le pays sur les plans économique (en ce qui concerne la valeur ajoutée) et social (avec la création des emplois).
En rendant les exportations brutes moins rentables, le gouvernement incite les acteurs à opter pour une transformation locale, ce qui serait bénéfique pour les usines camerounaises (cimenteries et autres).
Effet sur le minerai de fer, l’alumine et l’étain.
Pour les minerais de fer, d’alumine et d’étain, la taxe 5% FOB pénalise l’exportation brute, ce qui peut pousser les exploitants à investir dans une première transformation locale (concentration, frittage, raffinage), d’ailleurs, le régime prévoit une réduction à 2% FOB pour les produits qui subiront une première transformation.
Effet sur le marbre et le Clinker
L’exportation des blocs bruts de marbre et de Clinker ne profite pas grandement à l’État du Cameroun. Une imposition de la taxe de 10% à la sortie du territoire vise à réduire drastiquement ce phénomène et conduire à leur transformation locale (poudre de marbre, ciments, produits finis).
Il est aussi question de réduire les importations de Clinker et d’explorer les possibilités de substitution par le marbre dans la filière cimentière.
Quelles conditions rendront ces mesures efficaces?
La question de la production minière au Cameroun est à adresser et il ne serait d’ailleurs pas naïf de se poser la question: que produit réellement le Cameroun? Sinon il est trop tôt pour parler d’une transformation locale, à moins qu’on veuille faire de la politique politicienne.
Hormis les exploitations artisanales et semi-mécanisées répandues à travers le pays, les principaux projets miniers piétinent pour des raisons évidentes comme le manque de capitaux, des moyens logistiques quasi absents, la corruption et un climat social assez tendu ces dernières années, la récente période électorale ayant permis de le constater dans toute son ampleur.
Pour que les mesures adoptées soient efficaces et renforcent véritablement la transformation locale, il est important que la filière énergétique soit de qualité alliant une performance accrue et un cadre incitatif clair (exonérations et tarifs préférentiels pour les intrants transformés). Les usines doivent justifier d’une performance indiscutable. C’est ainsi que nous pourrons atteindre les objectifs.
– Conclusion.
Le Cameroun est donc résolument tourné vers l’industrialisation. Ces mesures bien que fiscales s’inscrivent dans une ambition plus large: faire de la transformation locale un levier de souveraineté économique pour le Cameroun.
Texte rédigé en co-auteur (Engr. Tsayo Marcial) avec le Dr Bareja Youmssi
Expert en Mines et petrole
Enseigant-chercheur
















