(édito)
Le football est un sport fédérateur. Nous le savons tous. Et c’est dans cet état d’esprit que
tous les compatriotes camerounais et ceux de la diaspora ont suivi et soutenu les Lions
Indomptables.
Dans un pays divisé après les dernières élections présidentielles qui ont vu Paul Biya
garder farouchement son pouvoir, les voix se sont élevées pour dénoncer une supercherie
qui ne surprend plus personne.
Qui a donc raison dans ce bras de fer qui oppose les partisans du RDPC et une opposition
tiraillée par des têtes soumises à la merci bienveillante du tout puissant pouvoir de Paul
Biya ?
Mais revenons à la CAN. Le sport, disait un esprit éveillé, est l’opium du peuple. La
religion aussi. Voilà deux sujets qui rassemblent depuis que l’homme a choisi de
s’organiser et de vivre en communauté.
Mais, ces deux sujets n’ont jamais créé de la richesse. Ils ont plutôt vocation à soumettre
en douceur les esprits.
Et pourquoi prospèrent-ils dans les pays pauvres ? Tout simplement parce qu’ils
anéantissement toutes les contestations.
Et comme il m’arrive de fouiller dans les réseaux sociaux les informations qui circulent
sans anicroche, je me suis fendu en délire sur les raisons qui ont mis fin au parcours
« héroïque des Lions indomptables » de la CAN qui se déroule au Maroc.
La défaite des Lions indomptables incombe à l’entraineur, au staff et à l’entourage direct
de l’équipe.
Face au Maroc qui a malicieusement muselé leurs offensives, les Lions indomptables n’ont
pas su réagir. Il leur a manqué un « plan B » et un « plan C » pour contourner et terrasser
les Lions de l’Atlas.
Avouez qu’après la défaite, il est toujours aisé de justifier un échec collectif.
Si les anonymes et connus avaient des solutions adéquates pour une victoire, pourquoi
notre pays, doté de tant d’experts, n’enrayeraient-ils pas la descente constante de
l’économie camerounaise dans les abîmes ?
Quarante ans de biyayisme et toujours le même modèle de gouvernance ! Nous attendons
toujours de ces experts des plans B et C pour relancer la dynamique économique et sociale
d’un pays qui se délite et pour faire du développement économique et social une grande
cause nationale.
En effet, face aux urgences en cours qui se traduisent par des dépressions en masse, la
pauvreté galopante et la santé mentale qui se détériore, les plans B et C seraient les
bienvenus pour mettre fin à un atavisme générationnel.
Dans ce contexte, le football peut-il inspirer les dirigeants politiques à court de plans ?
Le Cameroun marche-t-il sur la tête ? Notre santé mentale en dépend.
Par Michel Lobé Etamé
Journaliste Indépendant, essayiste et romancier















