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L’ÉTOILE DU BISTOURI ET DES DROITS : La première bachelière en médecine d’Afrique de l’Ouest qui a humilié l’administration coloniale par son excellence scientifique

(écrits)

Le triomphe d’Agnes Savage.

Au tout début du XXe siècle, l’Empire britannique contrôle fermement ses colonies d’Afrique de l’Ouest, notamment le Nigeria et la Côte-de-l’Or (l’actuel Ghana). Le système colonial maintient un blocus institutionnel et académique strict : les postes de médecins et de hauts cadres de la santé publique sont hermétiquement réservés aux hommes blancs de la métropole. Qu’une femme noire ambitionne de maîtriser la haute chirurgie ou de diriger des hôpitaux cliniques relève de l’impossible. Face à ce double mur du racisme et du sexisme d’État, une jeune femme va s’élever par sa seule puissance intellectuelle et une logique scientifique supérieure : Agnes Yewande Savage.

Née en 1906 à Édimbourg d’un père nigérian (de la haute bourgeoisie d’Abéokuta) et d’une mère écossaise, elle possède une force mentale et des capacités d’apprentissage précoces extraordinaires. En 1923, elle réalise un premier exploit académique en obtenant une bourse d’élite pour intégrer la faculté de médecine de l’Université d’Édimbourg.Son coup de génie consiste à surclasser méthodiquement ses camarades masculins et blancs dans les disciplines scientifiques les plus complexes de l’époque pour forcer le respect de l’institution. En 1929, à seulement 23 ans, elle réalise un exploit historique planétaire : elle sort major de sa promotion, décroche le prestigieux prix Dorothy Gilfillanpour la meilleure étudiante en médecine et obtient ses diplômes de bachelière en médecine et en chirurgie (MB ChB). Elle entre ainsi dans l’histoire universelle comme la toute première femme d’Afrique de l’Ouest à devenir docteur en médecine, précédant de près d’une décennie toutes les autres pionnières de la région.Médecin et logisticienne de la santé publique d’une rigueur chirurgicale absolue, elle refuse le confort d’une carrière en Europe et choisit de s’installer en Côte-de-l’Or en 1930 pour soigner les populations locales.

Face à l’administration coloniale britannique qui refuse de lui accorder le statut et le salaire légitimes d’un médecin blanc la reléguant au rang d’assistante locale en raison de sa couleur de peau, la docteure Savage fait preuve d’une dignité éthique et d’une insoumission totales. Elle engage une bataille administrative féroce contre le gouvernement colonial. Son excellence technique est si incontestable que le leader nationaliste guinéen Tovalou Houénou et de hauts dignitaires interviendront en sa faveur. Elle obtient gain de cause et est nommée médecin en chef de la maternité de l’hôpital de Korle-Bu à Accra, puis supervise la clinique de santé d’élite de l’école d’Achimota.

Elle passe des décennies en première ligne, concevant de nouveaux protocoles de soins pour éradiquer la mortalité infantile et standardisant la formation médicale des femmes africaines, avant de prendre sa retraite en 1947. Lorsqu’elle s’éteint en 1964 à l’âge de 58 ans, elle laisse derrière elle l’héritage d’une bâtisseuse d’exception qui a prouvé à l’humanité que la science et le génie n’ont pas de couleur.Vous connaissiez l’histoire de la Docteure Agnes Yewande Savage, la jeune femme qui est devenue la première médecin d’Afrique de l’Ouest en sortant major de l’Université d’Édimbourg à seulement 23 ans ? Venez célébrer son génie en commentaire !

La rédaction.

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