– Ferez-vous partie des riches ou des pauvres du nouveau championnat imposé par la Chine ?

C’est un dossier d’alerte stratégique : il montre une Chine qui accélère, innove, industrialise, et structure son avance technologique pour devenir la première puissance mondiale.

Il s’agit d’un reportage du journaliste de l’économiste français François Miguet/

Miguet s’est rendu dans la Greater Bay Area (Shenzhen – Canton – Dongguan), exactement là où je vous conduis gratuitement tous les six mois, pour que vous ayez une avance sur ce qui va se passer demain.

L’auteur soutien que la Chine n’a pas encore montré toute sa puissance technologique et ce qui arrive sera encore plus spectaculaire.

Le Point décrit ainsi une Chine hyper‑innovante, ultra‑rapide dans l’industrialisation, massivement financée par l’État, orientée vers la domination mondiale dans les technologies du futur.

Et l’Afrique dans tout ça ?

Je ne vends pas cher la peau des hommes d’affaires camerounais qui pendant des décennies ont trouvé leur place de subalternité à distribuer les produits français et européens, c’est-à-dire à se contenter de la spéculation commerciale, sans jamais penser à monter en gamme pour créer la richesse.

Je vois les gens pleurer au Cameroun et d’accuser les chinois pour moins que rien. Il y a quelques années, le gouvernement chinois a pris 1000 hectares de plantation pour enseigner au gouvernement camerounais comment produire du riz. La télévision française M6 a fait un reportage “Enquête Exclusive” pour diffuser l’idée selon laquelle, la Chine était en train d’acheter tous les terrains au Cameroun.

J’avais écrit un article pour montrer que Sosucam, c’était 27.000 hectares appartenant à un groupe français, mais que cela ne gênait personne. Si le gouvernement chinois prend 1000 hectares pour montrer comment on produit le riz a 10 tonnes à l’hectare et non plus juste une seule tonne, ce sont tous les journalistes camerounais qui montent au créneau pour dénoncer l’accaparement des terres agricoles camerounaises par la Chine. Mais lorsqu’au même moment, un français a 27.000 hectares, c’est normal, ça ne pose aucun problème dans l’imaginaire collectif des camerounais.

Le colonisé a à ce point intériorisé sa situation de subalterne, qu’il croit que l’intérêt de son bourreau c’est aussi naturellement le sien.

Même les hommes d’affaires camerounais se sont accommodés de cette anomalie. Pourvue qu’ils soient des Bayam-Sellam des français et se cimenter dans les importations.

Le colonisé n’a pas seulement été dominé matériellement ; il a été reprogrammé mentalement. Il a intériorisé que l’intérêt du colonisateur = son intérêt, la stabilité du système colonial = sa propre stabilité, la dépendance = la normalité, l’importation = l’activité économique légitime, la subalternité = la condition naturelle.

C’est ce que Fanon appelait la “zone du non‑être” : l’incapacité à se percevoir comme sujet historique autonome.

Les hommes d’affaires camerounais ne sont pas des entrepreneurs, ce sont des intermédiaires, des courtiers, des revendeurs, des Bayam‑Sellam de la France.

Ils n’ont jamais appris à produire. Ils ont appris à importer.

Avec la Chine, ils ont commencé à se plaindre, mais comme écrit Miguet, ils n’ont encore rien vu.

LE CHOC CHINOIS ET LA FIN DE L’ECONOMIE DE RENTE COLONIALE

Avec la Chine, le système colonial déguisé en “coopération” est en train de s’effondrer.

Pourquoi ?

Parce que le gouvernement camerounais permet leur endettement facile, les banques financent l’importation, et non pas la production, les banques financent les constructions des hôtels désespèrement vides dans un pays qui n’est pas la destination préférée des touristes, la conséquence immédiate est que les fortunes sont bâties sur des marges commerciales artificielles, les “riches” sont en réalité des revendeurs sous perfusion, leur capital dépend de la stabilité du système français.

Tout a bien marché pour eux jusqu’à maintenant, jusqu’à ce que la Chine siffle la fin de la récréation. Et le pire dans tout cela est qu’ils ne sont pas en train de voir la catastrophe qui va leur tomber dessus. Ils continuent à vivre de rente comme ils l’ont toujours fait.

Ils ne savent pas que lorsque la Chine impose son modèle, les marges disparaissent, les importations deviennent obsolètes, les intermédiaires deviennent inutiles, les “riches” deviennent pauvres.

C’est mécanique. C’est historique. C’est inévitable. C’est imparable. C’est mathématique.

On n’a pas besoin d’avoir pris des cours d’économie pour comprendre que lorsque dans l’histoire, on est passé d’un hégémon à l’autre, tous ceux qui profitaient du statu quo, perdent leurs repères avec le nouveau hégémon.

Parce qu’ils perdent leurs répères avec le nouveau championnat. Ils ne sont pas habitués au fait que tout le monde peut partir de la même ligne de départ, sans privilège et sans avantages non mérités.

LE CHANGEMENT D’HEGEMON S’ACCOMPAGNE D’UNE LOI HISTORIQUE : LA FAILLITE EN CASCADE DES ANCIENS RICHES.

A chaque changement d’hégémon, les bénéficiaires de l’ancien ordre sont balayés.

1) Le Portugal a été remplacé par l’Hollande (XVIIᵉ siècle)

Les élites portugaises, habituées aux privilèges coloniaux, ont été incapables de s’adapter au capitalisme marchand hollandais. Ils ont tous sombré dans la pauvreté.

2) La Hollande remplacé par l’Angleterre (XVIIIᵉ siècle)

Les élites hollandaises, rentières, ont été écrasées par la puissance industrielle anglaise.

3) L’Angleterre remplacé par les États‑Unis (XXᵉ siècle)

Les élites britanniques ont perdu leur statut mondial, incapables de suivre la vitesse américaine.

4) Les États‑Unis sont en cours d’être remplacés par la Chine (XXIᵉ siècle)

Nous sommes exactement dans ce moment historique. Tous ceux qui profitaient du statu quo perdent leurs repères avec le nouveau hégémon. Parce que le nouveau hégémon, la Chine, change les règles, change les rapports de force, change les hiérarchies, change les opportunités, change les gagnants et les perdants.

Et c’est pour prendre notre place dans ce nouveau monde comme gagnants que la Pougala Academy vous prepare depuis 15 ans, pour être présents à ce rendez-vous.

Nous avons la chance de nous trouver au tournant de l’histoire des guerres économiques, lorsque la Chine est en train de renverser les Etats-Unis comme hégémon.

Le tout est de savoir quelle sera notre place dans ce nouveau monde. Quelle sera la place des protagonistes africains dans ce nouveau monde où les anciens privilèges des vendeurs d’esclaves africains et des chasseurs d’esclaves sont en train d’être écrasés.

DANS LE NOUVEAU CHAMPIONNAT IMPOSE PAR LA CHINE, TOUT LE MONDE PART DE LA MÊME LIGNE

Avec la Chine, il n’y a plus de privilèges coloniaux, il n’y a plus de passe‑droits, il n’y a plus de “fils de”, il n’y a plus de “réseaux français”, il n’y a plus de “anciens combattants de l’importation”.

Le nouveau championnat est méritocratique : si tu produis → tu gagnes, si tu n’es qu’un intermédiaire → tu disparais.

Les élites camerounaises ne sont pas habituées à cela. Elles ont vécu 60 ans dans un système où l’État distribue les privilèges, la France garantit les marges, l’importation remplace la production, la rente remplace l’innovation.

La Chine détruit ce modèle. Et elle le détruit sans même le vouloir : c’est sa simple existence qui le rend obsolète.

QUELLES LEÇONS POUR L’AFRIQUE ?

Le colonisé ne vit pas seulement dans un système de domination, il vit dans un univers mental où la domination est devenue la structure du réel.

Le colonisé internalise que son bourreau est son horizon. Il croit que l’intérêt du colonisateur = son intérêt, la stabilité du colonisateur = sa propre stabilité, la prospérité du colonisateur = sa propre prospérité.

C’est ce que Fanon appelle “l’identification au maître”.

Le colonisé ne se pense pas comme sujet historique. Il se pense comme u objet de l’histoire, un récepteur de décisions, un bénéficiaire de privilèges distribués par l’hégémon.

Il n’a pas de projet autonome. Il a un projet dérivé.

Dans ces conditions, le colonisé africain a fini par confondre privilège et compétence.

Les élites africaines, notamment camerounaises, ont été fabriquées par le système colonial : elles occupent des postes administratifs, elles ont des monopoles d’importation, elles bénéficient des rentes commerciales, avec les protections politiques. Et se disent “Hommes d’Affaires”.

Parce qu’elles croient en bonne foi que ces privilèges sont des compétences. Elles ne savent pas que ce sont des cadeaux du système colonial qui les utilise pour entretenir la pauvreté collective.

Tout va bien, sans jamais imaginer une alternative, sans jamais penser à autre option. Et ce jusqu’au jour où l’hégémon change : c’est la panique identitaire généralisée que Muguet de Le Point a résumé en AVEC LA CHINE, ILS N’ONT ENCORE RIEN VU !

Quand un hégémon décline et qu’un autre arrive, le colonisé vit un effondrement psychologique. Il perd son repère central. Le colonisé n’a jamais appris à penser hors du cadre du maître.

Quand le maître change, il perd son langage, il perd ses codes, il perd ses privilèges, il perd son identité. Il ne sait plus qui il est.

Il découvre subitement qu’il n’a jamais été autonome. Le changement d’hégémon révèle brutalement qu’il ne produit rien, qu’il ne contrôle rien, qu’il ne maîtrise rien, qu’il ne possède aucune compétence stratégique. Il était juste un protégé, et non pas quelqu’un de performant.

Il ne peut qu’accuser le nouveau hégémon d’être “injuste”. Parce que ce nouveau hégémon ne distribue pas de privilèges, il ne reconnaît pas les anciennes élites, il ne respecte pas les hiérarchies coloniales, il ne valorise pas les importateurs, il ne protège pas les intermédiaires.

Le colonisé rentier relai de l’ancien ordre colonial appelle cela “injustice”. En réalité, c’est juste la fin de la rente, de sa rente.

Question :

Pourquoi la Chine provoque un séisme psychologique en En Europe comme en Afrique ?

Le point a répondu à cette question avec le titre de son mensuel au kiosque en ce moment : ILS N’ONT ENCORE RIEN VU !

La Chine impose un championnat où tout le monde part de la même ligne de départ. Pour les élites rentières africaines, c’est un traumatisme. Parce que la Chine ne reconnaît pas les “élites coloniales”. Ces élites africaines ont été fabriquées par la France. Et la Chine les considère comme de simples importateurs parasites, des intermédiaires spéculateurs, des revendeurs véreux qui exagèrent leurs marges,
des acteurs non productifs.

Elles perdent leur statut symbolique. La Chine détruit l’économie de rente ; car le modèle chinois repose sur la production, sur l’efficacité, sur la vitesse, sur la technologie, sur la méritocratie.

Les élites africaines reposent sur la rente, le privilège, la protection politique, la dépendance assumée. Le choc est brutal et inévitable entre ces deux mondes irréconciliables. Et c’est là où nous, collectif des Nouveaux Industriels Africains retrouvons tout notre entêtement à doter l’Afrique d’une nouvelle élite productive, non rentière.

La Chine nous aide dans cette phase parce qu’elle révèle la pauvreté réelle des “riches” africains. Leurs enfants qui étaient préparés pour affronter les nôtres sans moyens ne savent pas encore que cette fois-ci, ils partent défavorisés puisqu’ils continuent de croire en bonne foi que leurs parents sont riches, mais ils ne savent pas que ce sont des richesses d’endettement, et non pas de production.

CONCLUSION:

La Chine baisse les prix, la Chine supprime les marges, la Chine élimine les intermédiaires, la Chine impose la concurrence totale.

Les “riches” d’hier vont devenir pauvres forcément. Les “élites” vont devenir inutiles.
C’est la fin d’un monde. Nous vivons un tournant historique. Ce n’est pas seulement la Chine qui renverse les États‑Unis. C’est tout l’ordre colonial‑postcolonial qui s’effondre.

Et ceux qui vivaient de cet ordre : les importateurs, les intermédiaires, les rentiers, les “élites administratives”, les “riches” d’endettement, seront les premiers balayés.

Ce n’est pas une opinion. C’est une loi historique.

Jean-Paul Pougala

Mardi le 25 Août 2026

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