(édito)
Les dernières élections municipales ont bouleversé le paysage politique en
France dans les grandes villes où la jeunesse issue de l’immigration a pu enfin
s’exprimer. Nous attendions ce sursaut de la gauche socialiste et paternaliste
embourbée dans ses contradictions ou de la droite traditionnelle qui a toujours
proposé un strapontin là où la nouvelle jeunesse se sent plus que jamais intégrée
dans les politiques locales.
La gauche socialiste et la droite traditionnelle n’ont pas su évoluer mentalement.
Elles restent très ancrées aux politiques « civilisationnelles » de la France dans
ses anciennes colonies. Les français issus de l’immigrations sont toujours
confrontés au plafond de verre dans l’espace politique où la couleur de peau est
un lourd handicap.
Face à un mur indétrônable, il ne restait plus qu’une issue à tous ceux et celles
qui voulaient briguer un mandat municipal : La France Insoumise pour être enfin
tête de liste.
Le résultat ne s’est pas fait attendre. Des candidats issus de l’immigration et
noirs ont été propulsés à la tête des Mairies tant convoitées et qui sont les
baromètres des changements de mentalité.
Quels enseignements tirer de ces victoires ?
1- La large représentativité des candidats issus de la diversité dans la
politique locale permet à ces derniers d’intégrer les instances
décisionnelles. Ces élus reflètent la diversité de la population et leur
attachement dans la société.
2- Ce vote est la preuve de l’évolution des mentalités et prouve que leur
intégration a bien réussi. Ces succès peuvent indiquer un changement
progressif dans les mentalités des électeurs qui sont de plus en plus
ouverts à élire des candidats issus de groupes historiquement sous-
représentés. Il est aussi important de souligner une évolution des normes socioculturelles en matière de race et d’identité en France que le pouvoir
politique traditionnel ignore à dessin.
3- L’engagement communautaire : l’élection de maires noirs peut encourager
un grand engagement au sein des communautés noires et des minorités en
général et inciter davantage de personnes à participer au processus
politique comme en Grande Bretagne qui est un modèle d’intégration.
4- Les partis politiques traditionnels se remettront-ils en causes en se
décolonisant eux-mêmes ? En effet, ils portent lourdement les échecs
successifs de l’intégration des minorités noires qu’ils associent à leur
politique néfaste du néocolonialisme.
5- Le monde politique français devrait se réjouir de voir arriver aux
responsabilités locales et bientôt nationales la jeune génération en brisant
ce plafond de verre tant décrié et pourtant si présent.
En somme, ces élections peuvent être perçues comme un pas vers une société
plus inclusive et représentative, tout en soulignant les défis qui restent à relever.
Michel Lobé Etamè
Journaliste Indépendant, Essayiste, écrivains















