(écrit)

Après le sommet de 2021 avec les sociétés – civiles africaines en lieu et place des chefs d’Etats, cette fois pour le 29ème sommet baptisé “Africa Forward”, la France a choisi un pays anglophone, le Kenya pour la première fois dans l ‘histoire de ces sommets comme co-organisateur.

Cette fois la France est revenue à la formule originelle. 32 Chefs d’États ont été conviés à Nairobi mais moins de 20 ont fait le déplacement. Les États du Sahel, et la quasi-totalité des pays de la CEMAC sont absents. Cette situation traduit le malaise qui existe entre la France et les pays Francophones d’Afrique en particulier et du continent noir tout court en général depuis plusieurs années déjà. Ce malaise tire ses origines dans l’histoire entre l’ancienne puissance colonisatrice et ces pays de l’ancien pré carré Français. Au-delà de ces réminiscences historiques, l’agression irresponsable contre la Libye de Mouammar Khadafi en 2011 a d’avantage créer plus de frustrations au-delà des questions structurelles liées à la gestion des économies des pays utilisateurs du FCFA dont la France est le promoteur. Outre cette situation économique, ces pays pour la plupart ont vu leur sécurité compromise par des bases militaires étrangères dont la plupart étaient françaises durant des décennies ce n’est qu’à partir de 2021 que certains ont commencé à les refouler.

Les Sommets France-Afrique voués à la disparition

Ainsi, tout élément ou levier de la coopération entre la France et les pays africains suscite aujourd’hui en Afrique des doutes et des soupçons au sein de l’opinion africaine. Après avoir mis 30 millions d’euros sur trois ans pour soutenir la société civile africaine lors du Sommet Afrique-France de Montpellier, le 8 octobre 2021, fonds, baptisé « fonds d’innovation pour la démocratie », qui visait à soutenir les actions de la société civile en faveur de la démocratie, des droits humains, de la justice et de l’État de droit, perçu plus tot comme financement des insurrections populaires dans plusieurs pays africains dont les consultations électorales étaient en orbite , la France revient avec plus de 23 millions d’euro pour soutenir la souveraineté économique et l’emploi en Afrique. Certains applaudissent cette générosité intéressée bien connue en Afrique mais il reste et demeure l’épineux problème de la fin de la Françafrique cette hydre colonisatrice qui a résisté au temps dont la face visible face visible est le FCFA, monnaie atypique dont la parité est fixe et la convertibilité illimitée aux conséquences néfastes pour les économies des pays utilisateurs. Les pays Africains conscients de leurs potentiels ne veulent plus de cette coopération biaisée marquée par une asymétrie profonde et un héritage postcolonial persistant. Ils veulent une coopération bâtie sur l’égalité, le bénéfice réciproque et le respect mutuel. Toutes choses qui ne peut plus cautionner des sommets où un pays à lui tout seul peut décider de se mettre en équivalence avec un continent de 54 Etats. Cette démarche s’assimile au 21ème siècle comme les spasmes post mortem d’un poulet égorgé pour le bonheur des papilles gustatives. Aussi longtemps que les pays occidentaux et autres vont continuer de laisser prospérer ces démarches condescendantes, ils ne feront que creuser leur descente dans la tourmente. Car l’Afrique c’est maintenant et c’est l’avenir

Simon Metsengue

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