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Le mirage des matières premières qui auraient dû développer l’Afrique : L’exemple du pétrole !

(texte)

Beaucoup de chefs d’état africains rêvent qu’ils vont utiliser les revenus provenant des ressources de leur sous-sol pour développer leurs pays.

Mais ce rêve n’est en fait que de l’illusion, parce que la plupart d’eux n’ont aucune idée de la complicité du vol et de la spoliation occidentale qui se cache derrière l’exploitation des matières premières.

Je vais utiliser les exemples du comportement vertueux des dirigeants politiciens de deux pays, qui ont compris à quel jeu on joue et ils ont pris les décisions qui s’imposaient pour se soustraire de cette prédation, ce que ne fait à ce jour aucun chef d’état africain.

Ces deux pays, sont le Mexique et l’Arabie Saoudite.

Avant de vous montrer comment ils ont procédé, là où les dirigeants africains d’hier, d’aujourd’hui et de demain vont continuer d’échouer, à cause d’un véritable déficit de la pensée complexe, je conseillerais à tous ces dirigeants africains, de regarder un film qui est sorti en salle en 2006.

Le film s’appelle, Syriana.

Syriana, inspiré des mémoires de l’ancien agent de la CIA, James “Jimmy” Pope, chef d’une compagnie pétrolière fictive basée à Houston, est un thriller américain réalisé par Stephen Gaghan, sorti en 2006. Il traite de l’influence de l’industrie pétrolière, avec trois principaux acteurs : un agent de la CIA (George Clooney), un expert en ressources énergétiques (Matt Damon).

Syriana a eu une Nomination à l’Oscar du meilleur scénario et Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour George Clooney en 2006, et un Golden Globe de la meilleure bande originale en 2006.

La scène du film qui nous intéresse dans notre analyse du jour, est celle où Jimmy, dit à son collègue que son industrie pétrolière repose plus sur des considérations politiques plutôt que sur ses talents d’ingénieur. Il lui dit :

“C’est notre métier, Tommy, vendre du pétrole, pas le trouver. N’importe qui peut le trouver. Il est partout. Mais si tu veux le rendre commercial, si tu veux le transformer en une marchandise, alors tu dois être capable de le déplacer et pour le déplacer, il faut avoir des relations ».

Quand je vois des chefs d’état africains comme Tshisekedi à Kinshasa ou Akufor à Accara raconter triomphalement à Emmanuel Macron que l’Afrique est le continent avec le plus de ressources du sous-sol, ils ne prennent pas le temps de regarder le visage grimaçant de Emmanuel Macron qui à chaque fois, réplique immédiatement avec un ton toujours moqueur.

Parce qu’il comprend par ces déclarations puériles que ses interlocuteurs africains ne savent pas que le plus important n’est ni de trouver le pétrole, puisqu’il se trouve partout, même en France, et surtout aux Etats-Unis.

Avec la différence qu’ils ont tous compris, sauf les africains, qu’il faut être un carnassier au pays des herbivores pour tirer profit du pétrole, pour déplacer le pétrole et le transformer en marchandise.

Samedi le 4 mars 2023 devant la presse, à Kinshasa, Emmanuel Macron et Felix Tshisekedi parlent de la fin de la « Françafrique » et le nouveau « logiciel » de la France avec le continent.

Le président de la République démocratique du Congo affirme parlant de Macron :

« Je l’ai encouragé à ce sujet parce que j’estime que la Françafrique est dépassée », (…) « Si la France veut être aujourd’hui en compétition avec tous les autres partenaires de l’Afrique, elle doit se mettre au diapason de la politique africaine et de la manière dont les peuples africains regardent désormais les partenaires de coopération », insiste naïvement Félix Tshisekedi.

C’est au final à travers une dépêche de l’Agence France Presse (AFP) reprise par le quotidien français Le Monde que nous saurons la vraie raison du voyage de Macron en RDC :

“Un partenariat a par ailleurs été conclu pour la cartographie et la gestion durable des ressources minières dont regorge le sous-sol congolais.”

La cartographie et la gestion durable des ressources minières dont regorge le sous-sol congolais !

L’un parle de la fin de la France-Afrique, et l’autre n’est là que pour continuer comme on a toujours fait : empêcher le peuple congolais de profiter de son sous-sol.

Emmanuel Macron affirme avec condescendance qu’il soutient le Rwanda qui agresse le Congo, ceci :

« Depuis 1994, vous n’avez pas été capables de restaurer la souveraineté (…). Il ne faut pas chercher des responsabilités à l’extérieur ».

Il ajoute :

« Tant de puissances régionales, tant de groupes rebelles sont dans une situation de prédation de ces ressources (…). Ils viennent vous faire les poches pour finir leur mois »,

En d’autres mots, le Congo n’a pas besoin de lutter contre ses voisins, mais appeler la France pour exploiter son sous-sol et la solution au problème de sécurité du Congo sera trouvé définitivement.

Dit en autrement, le Rwanda est juste utilisé pour contraindre le Congo à confier son sous-sol aux entreprises françaises et européennes.

Et que répond notre président congolais Félix Tshisekedi ?

« La France revient en force en République démocratique du Congo, nous espérons simplement que ce n’est pas juste un feu de paille et que ce sera un vrai nouveau départ ».

Vous êtes certains qu’il a même compris le mépris des propos du chef d’état français ?

Source : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/03/04/rdc-en-visite-a-kinshasa-emmanuel-macron-appelle-au-respect-du-plan-de-paix-dans-l-est-du-pays_6164154_3212.html

Le 30 novembre 2017, en recevant à Accra le président français, Emmanuel Macron accompagné par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le Président de la République du Ghana, Nana Akufo Addo, multiplie les déclarations pour démontrer au président français sa fierté d’africain.
Dommage qu’il ne s’agissait là que d’une fierté de pacotille.

Devant Emmanuel Macron, il refuse «l’image de mendicité de l’Afrique”

Avant d’ajouter :

«Cela ne marchera pas, cela n’a jamais marché», (…). «Notre responsabilité est de trouver un moyen de développer nos pays nous-mêmes», sur un continent qui dispose de «30 % des ressources mondiales de minerais», mais aussi de «la plus jeune population du monde».

Une déclaration des plus farfelues. Il a quelle source pour faire une telle affirmation de 30% des ressources mondiales de minerais.

L’Afrique est un continent qui couvre 6 % de la surface de la Terre et 20 % de la surface des terres émergées. On peut donc penser que naturellement, elle peut contenir 20% des ressources des terres émergées, mais seulement 6% des ressources de la surface de la Terre.

Les océans couvrent 70 % de la surface de la Terre, et nous savons aujourd’hui qu’ils abritent une grande variété de processus géologiques responsables de la formation et de la concentration des ressources minérales.

Selon Lahman, HS, et JB Lassiter III dans le livre « L’évolution et l’utilisation des ressources minérales marines » publié chez Books for Business en 2002, Les principales ressources minérales sont dans les fonds marins et non sur terre.

Il s’agit notamment des métaux tels que le cuivre, le sel, le magnésium, l’or, l’étain, le titane, les diamants, le zinc, l’argent, le cobalt, le plomb, le baryum, le cadmium, l’indium, le sélénium, l’antimoine, le mercure, le nickel, les terres rares comme le lithium et le thallium etc.

Les analyses chimiques ont démontré que l’eau de mer contient environ 3,5 % de solides dissous, avec au total plus de soixante éléments chimiques identifiés.
Source : http://www.waterencyclopedia.com/Mi-Oc/Mineral-Resources-from-the-Ocean.html

Le seul problème est que cela coûte plus cher d’extraire les minerais en mer que sur la terre. Voilà pourquoi, tous se précipitent en Afrique, pour les minerais que les africains ne veulent pas ou ne savent pas exploiter. Et ne cherchent même pas à le faire. Mais certainement pas parce que l’Afrique est la seule à posséder ces minerais.

Nana Akufo refuse «l’image de mendicité de l’Afrique»
Mais la réponse de Emmanuel Macron montre bien que nous ne sommes que dans ce scénario de la mendicité, lorsqu’il affirme :
« L’Europe doit avoir une politique de coopération pour qu’un jeune Africain puisse se dire qu’il va réussir formidablement dans son pays », par exemple y « développer son entreprise ».

C’est à l’Europe d’offrir des rêves à la jeunesse africaine ? Si oui, c’est ce qui se passe déjà, puisqu’ils comprennent d’eux-mêmes que si nos dirigeants font allégeance aux dirigeants européens de qui ils attendent la solution à aux problèmes de leur jeunesse, autant cette jeunesse se met en route pour aller trouver elle-même le vrai patron, l’Europe.

Quand on demande à Macron pourquoi il s’est fait accompagner par le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, il répond sans se gêner qu’il s’agit « d’une façon de souligner que la diplomatie française entend impliquer davantage les Européens dans les questions africaines »,

En d’autres mots, nous sommes devant la mendicité au carré.
L’attitude du même président ghanéen à Washington, contredit ses propos sur son refus de la mendicité, lorsque pour avoir quelques centimes de dollars des Etats-Unis, il est prêt à sacrifier son voisin, le Burkina.

Nous sommes mercredi à Washington, aux États-Unis le 17/12/2022, lors d’une rencontre retransmise en direct à l’insu du président Akufo, avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, le président ghanéen Akufo-Addo, jure sur la tête de ses enfants que le Burkina a « conclu un arrangement, comme le Mali, pour employer des forces militaires russes de Wagner (…) Je crois qu’une mine dans le sud du Burkina leur a été allouée comme une forme de paiement pour leurs services », (…) « les mercenaires russes sont à la frontière nord » du Ghana.

Soit Akufo que Tshisekedi n’ont pas compris que Emmanuel Macron n’est pas juste un président jeune qui ne sait pas ce qu’il dit. Il ne sert à rien de se fâcher avec lui ou de le trainer dans les debat d’éthique ou de moral. Ce qu’il comprend, c’est uniquement le rapport de force et rien d’autre.

Ils ne savent pas qu’ils ont avant tout devant eux, un prédateur, un carnassier qui se fiche de ce que pensent les herbivores, même s’ils sont des chefs d’état.

Et les ressources du sous-sol comme le pétrole sont avant toute chose, une affaire des prédateurs et qu’il ne sert à rien d’en être le propriétaire si on n’a pas des relations avec des futés pour déplacer notre pétrole et le transformer en marchandise.

Dans la naïveté légendaire des chefs d’état africains, ils laissent cette opération aux prédateurs du pétrole, en espérant candidement qu’à la fin de l’opération, on va leur verser ce qu’on leur a promis.

Alors qu’il suffit de voir ce que ces compagnies annoncent dans leurs livres comptables en Afrique pour les comparer des chiffres qu’ils communiquent à leurs actionnaires, pour se venter de la prédation, pour comprendre qu’aucun pays qui laisse ses ressources naturelles à ces prédateurs ne pourra jamais en obtenir ce qu’il espère au point de vouloir l’investir dans le développement.

Demandez-vous pourquoi en Afrique, les pays producteurs de pétroles, d’uranium, d’or etc. sont plus pauvres que les pays qui n’en produisent pas. Et vous comprendrez où se situe l’arnaque.

Mais il y a des pays, qui ont su neutraliser les prédateurs en faisant ce qu’aucun pays africain n’a fait à ce jour : nationaliser les compagnies pétrolières.

L’exemple du Mexique et de l’Arabie Saoudite.

LE MEXIQUE

C’est le 27 septembre 1821 que les troupes unies autour du général Iturbide entrent dans Mexico et proclament l’indépendance contre l’Espagne, 300 ans après la chute de l’Empire des ancêtres, Aztèque aux mains de l’espagnol Cortés, ses soldats et ses alliés.
Donc, le Mexique est indépendant depuis 1821.

Mais il s’agit d’une indépendance sur le papier comme les pays africains aujourd’hui. Avec la découverte du pétrole à la fin du 19ème siècle, ce sont les compagnies étrangères qui font comme en Afrique aujourd’hui en 2024, exploiter le pétrole, pour soi-disant payer les redevances sur les quantités produites.
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La suite est sur www.pougala.net

Jean-Paul Pougala

Mercredi le 10 Avril 2024

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