(édito)

A l’heure où le droit international est piétiné par la guerre qui oppose l’Iran à la
coalition USA-Israël, l’ONU vient de reconnaitre la traite des esclaves africains
comme le plus grand crime contre l’humanité.
Cette victoire symbolique est très significative. Elle ouvre la voie à des
réparations d’un crime trop longtemps occulté. Mais cette victoire ne sera
complète que si on y ajoute la traire négrière pratiquée du septième au vingtième
siècle dans le monde arabo-musulman. Ce génocide, d’une violence sans pareil
ne peut continuer à dormir dans les tiroirs de l’histoire. Il est largement
documenté dans le livre de l’anthropologue sénégalais Tidiane Ndiaye « Le
génocide voilé ». Et qu’est-ce qu’on y découvre ? La castration systématique des
hommes noir en terre de l’Islam.
Certes, l’Afrique peut se réjouir d’une victoire symbolique. Mais elle ne doit pas
perdre de vue que son combat est existentiel et que son unité est la condition
première pour gagner les batailles à venir de souveraineté pour exister et sortir
du cocon imaginaire où il est placé par ses prétendus amis qui l’enferment
consciemment dans l’asservissement.
Rappelons que Tidiane Ndiaye est mort dans l’anonymat le 26 octobre 2025.
Puisse l’Afrique toute entière rendre un vibrant hommage à son fils qui a eu le
courage de dénoncer un drame qui continue à graviter dans nos consciences ?
Un autre évènement vient s’ajouter à cette victoire symbolique : le refus de
quelques pays africains de participer au sommet de Londres initié par le
gouvernement britannique.
Le refus des pays africains de participer au sommet de Londres peut être vu
comme un acte de résistance et une affirmation de la souveraineté des nations
africaines face à des décisions qui les concernent.
Ces deux événements sont en effet significatifs pour l’Afrique et témoignent
d’un mouvement vers la reconnaissance des injustices historiques ainsi que
d’une affirmation de la souveraineté continentale. La reconnaissance de
l’esclavage en tant que crime contre l’humanité par l’ONU est un pas important
vers la réconciliation et la justice, car cela permet de reconnaître les souffrances
infligées aux peuples africains et de commencer à réparer les torts du passé. Cela
peut également ouvrir la voie à des discussions sur des réparations et des
politiques de justice sociale.

Ce refus démontre aussi une volonté de ne pas être considérés comme de
simples spectateurs dans les discussions internationales, mais comme des acteurs
à part entière ayant leur propre voix et leurs propres intérêts. Le Ghana, en
prenant les devants, montre un leadership qui pourrait inspirer d’autres nations
africaines à revendiquer leur place sur la scène mondiale. Certes, l’Afrique peut
se réjouir des victoires symboliques. Mais elle ne doit plus perdre de vue ses
priorité politiques, économiques, financières et surtout sociales.
Dans l’absolu, ces événements peuvent être interprétés comme un signe d’un
changement de paradigme où l’Afrique commence à revendiquer une plus
grande autonomie et un rôle central dans les affaires internationales. C’est un
moment potentiellement historique qui pourrait avoir des répercussions sur
l’avenir des relations internationales et la dynamique de pouvoir sur le continent.

Par Michel Lobè Etamè

Journaliste Indépendant, essayiste, romancier

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