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Au Cameroun les sites d ‘extractions de la multinationale franco-britanique perenco pratique le torchage, ce procédé consistant a brûler l’execedant de gaz et serit a l’origine de plus de 90% des volumes de gaz torches au Cameroun, alorsqu’au même moment le prix du gaz domestique est a 6500 fcfa, trop élevé pour le camerounais moyen. En plus d’être une absurdité économique pour le pays , le torchage du gaz cause inquiétude et le desarroi des habitants des communautés situées a la proximité des sites de perenco.

Au Cameroun, des torches de Perenco a proximité de l’Estuaire de Rio Del Rey, un site Ramsar riche en biodiversité. Info congo

En fait le Torchage du gaz c’est quoi?

Le torchage du gaz à la loupe

Lors de l’extraction de pétrole, du gaz et de l’eau peuvent remonter en surface. Une fois séparé de l’eau et du pétrole, le gaz, considéré comme un sous-produit, est brûlé sur site faute d’infrastructure de traitement (unité de liquéfaction, de compression, de purification) ou de transport (gazoduc).

D’autres situations, plus ponctuelles, peuvent aussi amener les industriels à avoir recours au torchage du gaz : les manipulations liées à la sécurité du site, les surpressions, l’arrêt de certains équipements ou les phases d’exploration.

Dénoncée depuis les années 1950, cette pratique est désormais une problématique environnementale mondiale. En cause, deux facteurs aggravants : l’augmentation mondiale de la production de pétrole, soulignée dans le World Oil Outlook 2017 de l’OPEP, et un manque d’actions coordonnées des acteurs de l’industrie pétrolière pour la contrer.

En 2016, selon la Banque mondiale, le volume de gaz brûlé annuellement représentait 150 milliards de m3.

59 % de ce volume provenait de la Russie, du Nigéria, de l’Iran, de l’Irak, du Venezuela, des États-Unis et de l’Algérie.

En dépit de ce constat très alarmant, le défi n’est pas insurmontable et des solutions efficaces existent :

la réinjection du gaz dans le gisement pour renforcer la pression et améliorer le taux de récupération de pétrole ;

l’utilisation in situ comme source d’énergie pour les turbines électriques ;la connexion des évacuations de gaz vers des pipelines existants ;la création d’unités de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ;la transformation du gaz naturel en méthanol.

Pourquoi lutter contre le torchage du gaz ?

En parallèle de cet énorme gaspillage de gaz, équivalent à 3 % de la consommation annuelle de gaz dans l’Union européenne, s’ajoutent les émissions de CO2. Chaque année, 400 millions de tonnes de CO2 partiraient dans l’atmosphère à cause du torchage, d’après la Banque mondiale. Ce volume équivaut à 1,12 % des émissions mondiales de CO2.

Cette énergie « partie en fumée » inflige finalement une double peine : gâchis d’énergie et pollution inutile. De plus, le torchage va à l’encontre de toutes les initiatives politiques, économiques et industrielles visant à lutter efficacement contre le réchauffement climatique et préserver les ressources en consommant intelligemment.

Par ailleurs, le torchage est à l’origine d’une pollution lumineuse qui désoriente les insectes et oiseaux nocturnes. Le bruit lié aux opérations peut également perturber les écosystèmes avoisinants le site d’extraction de pétrole.

Sur l’Homme, des conséquences sanitaires sont possibles puisque les fumigènes émettent divers composés dangereux pour la santé : particules de carbone, de monoxyde de carbone, benzène, composés organiques volatils (COV) et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Quelques problèmes pulmonaires ont été recensés mais, à ce jour, l’impact sur la santé des individus vivant aux alentours des torchères n’est pas suffisamment étudié pour tirer de réelles conclusions.

Les efforts du partenariat mondial public-privé pour la réduction des gaz torchés (GGFR) commencent à payer. Le 17 juillet 2018, la Banque mondiale a annoncé que le torchage a reculé de 5 % en 2017, malgré une hausse de 0,5 % de la production de pétrole. 141 milliards de m3 de gaz ont été torchés en 2017, contre 148 milliards en 2016. Et c’est en Russie, premier pays au monde à pratiquer cette technique, que la baisse a été la plus significative. De quoi impacter positivement le marché du gaz à long terme ?

Selon une enquete parue dans mediapart et avec pour titre – Perenco:les abus d’un geant du petrole; on peut lire ceci:

Au Cameroun et au Gabon, les sites d’extraction de la multinationale Perenco pratiquent le torchage, ce procédé consistant à brûler l’excédent de gaz. Malgré la régulation en vigueur, l’air s’en trouve gravement pollué, causant l’inquiétude et le désarroi des habitants.

Au cœur de la forêt de Bipaga, sur la côte atlantique du sud du Cameroun, aux abords de Kribi, se trouve l’usine de traitement de gaz de la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Elle est exploitée par la multinationale franco-britannique Perenco, qui représente un peu moins des trois quart de la production pétrolière nationale (72 %) en 2023 et produit la quasi-totalité du gaz du pays”.

Du gaz naturel brûle en continu sur une plateforme pétrolière de Perenco au Cameroun. Photo Info Congo

Au milieu des infrastructures métalliques étalées sur 22 hectares s’élève un conduit de près de 50 mètres de haut d’où brûle une flamme jaune vif d’intensité variable. Dès les premiers jours de sa mise en activité, courant 2018, cette torchère avait semé la panique chez les habitants d’Eboudawae, un village situé à quelques centaines de mètres de l’usine.

« Quand ils ont vu les flammes, les soldats du BIR (Bataillon d’intervention rapide) ont fui. Ils sautaient de leurs postes » relate Anne*, une habitante voisine de l’installation, à notre partenaire local InfoCongo. D’autres se souviennent de « secousses » sismiques. Seule une source informelle confiera plus tard à certains habitants que la société brûle « des déchets », sans s’étendre sur les details.

Ce procédé porte un nom bien précis, il s’agit du torchage de gaz. Une pratique propre au secteur des énergies fossiles qui consiste à brûler les excédents de méthane issus de l’exploitation de gaz et de pétrole. Elle est décriée depuis plusieurs années, aussi bien par la communauté scientifique que par de nombreuses institutions internationales. En cause, les lourds impacts écologiques, sanitaires et énergétiques qui lui sont attribués.

La Banque mondiale est d’ailleurs à l’initiative du traité « Zero Flaring Routine » (zéro torchage de routine), lancé en 2015, que le Cameroun et le Gabon ont signé aux côtés de dizaines d’États, d’institutions publiques et d’opérateurs financiers, engagés à mettre fin aux situations de torchage injustifié dans les années à venir.

Un objectif partagé par Perenco, selon son porte-parole, qui évoque « un plan d’action 2030 pour le Climat et la Transition énergétique, dans lequel Perenco a déclaré qu’il visait zéro torchage de routine », d’ici cette date. Un horizon qui semble encore lointain pour les populations camerounaises et gabonaises qui se disent affectées par cette pratique.

Des flammes de jour comme de nuit depuis dix ans

A partir de la plage de Londji, a 4km de l’Usine de traitement de gaz de la SNH exploitée
par perenco, des pécheurs aperçoivent des flammes provenant de l’Usine.

L’activiste franco-gabonais Bernard Christian Rekoula, questionné par Mediapart sur sa première visite des sites Perenco sur les côtes gabonaises, courant 2020, reste saisi par son souvenir d’Etimboué, sur le littoral au sud de Port-Gentil. « L’air proche des têtes de puits de pétrole et des torchères était suffocant. Quand nous avons découvert la zone d’Etimboué où opère Perenco, il y avait des villages entiers quasiment irrespirables à cause de fortes émanations de gaz », confie le lanceur d’alerte, aujourd’hui réfugié en France.

Bernard Christian Rekoula parle d’un torchage « continu », un témoignage similaire à celui de Pierre Philippe Akendengué, un vétéran du groupe Perenco, pour lequel il a travaillé dix-sept ans avant d’entamer un parcours politique comme député de la région, en 2018. « À Oba, on fait du torchage de gaz. À Batanga, sur la plus grande station Perenco du Gabon, on en fait aussi. C’est régulier, non-stop, même en mer » souligne l’ancien élu, retourné à la vie civile après le coup d’État du 30 août 2023 dans son pays. « Les villages empestent le gaz », poursuit-il, décrivant la pollution ininterrompue des torchères de Perenco, de jour comme de nuit.

Au Cameroun également, le groupe torche continuellement, comme le confie un ancien ingénieur de la multinationale, évoquant des torchères « réparties sur tous les sites de Perenco » et actives « sans arrêt, vingt-quatre heures sur vingt-quatre ». Un témoignage à rebours d’une étude environnementale cosignée par Perenco en 2006 sur l’usine de Bipaga, qui mentionne bien une activité de torchage, mais limitée « au rejet accidentel » ou à des cas de « dysfonctionnement », en vue de « limiter la production de gaz à effet de serre ».

Cette pollution de l’air du groupe Perenco dans ces deux pays est loin d’être exceptionnelle. On décompte 380 actes de torchage, selon les données satellites fournies par l’ONG américaine Skytruth et analysées par notre partenaire Environmental Investigative Forum (EIF), consortium international d’enquête environnementale. EIF a pu évaluer que le torchage de Perenco a entraîné l’émission d’au moins 33,8 millions de tonnes de CO2 au Gabon et au Cameroun sur une période de dix ans. À quel prix pour la faune, la flore et les populations locales ?

Omerta sur les risques environnementaux et sanitaires

Dans le département camerounais de l’Océan, où se trouve l’usine de Perenco, le délégué du ministère de l’environnement Benjamin Hamann se veut rassurant : « Les plateformes [offshores − ndlr] sont très bien surveillées. La flamme respecte les normes standards. Si les normes devaient être dépassées, nous serions au courant, mais l’entreprise fait des efforts pour s’y conformer », assure-t-il, sans plus de précisions sur les normes en question ou la légalité de ces torchères.

Le torchage est pourtant reconnu comme une cause d’acidification des milieux marins et terrestres pouvant nuire aux écosystèmes qui s’y trouvent, comme l’ont démontré de nombreuses études scientifiques menées au Nigeria – l’un des plus grands « torcheurs » de la planète. Or, c’est aussi à proximité du parc national Ndongere et de l’estuaire du Rio Del Rey, deux aires protégées riches en forêts de mangroves du littoral camerounais, que Perenco torche régulièrement.

Au Gabon, près de dix aires protégées sont également concernées, selon notre partenaire EIF. Au total, 74 sites naturels sont occupés par Perenco à travers le monde, comme le révélait Mediapart dans sa précédente enquête sur le groupe. Sur la question sanitaire, là encore, c’est l’omerta pour les populations qui vivent à quelques kilomètres – parfois à quelques centaines de mètres – des torchères dans ces deux pays. De jour comme de nuit, hommes, femmes et enfants inhalent une atmosphère chargée en composants dont ils ignorent les risques sur leur santé.

À quatre kilomètres des licences de Perenco, des natifs du village camerounais de Londji font part de leur inquiétude. Depuis une plage, ils observent chaque jour l’une des torchères de Perenco. « Quand vous arriverez là-bas, vous verrez le tuyau. Il en sort une fumée noire. Nous ne savons pas si cela impacte la santé de nos enfants », s’inquiète Matthieu Ndembo, 38 ans.Certains habitants suspectent un lien entre les activités des entreprises pétrolières et des « pathologies survenues au cours des dernières années » – en particulier chez les plus jeunes. Mais dans l’unique centre de santé de cette localité camerounaise, le personnel refuse de commenter cette question.

Babiene Sona, avocat spécialiste des normes socio-environnementales de l’industrie pétrolière, est catégorique : « Le torchage du gaz n’est pas acceptable, il contribue à la pollution dans les communautés où le pétrole est exploité. » Il mentionne aussi des « maladies de la peau » liées à ce procédé industriel.

Maladies respiratoires et hématologiques, cancers, mais aussi problèmes cardiaques et morts prématurées figurent parmi les risques sanitaires associés au torchage, selon la communauté scientifique internationale. Une étude publiée en 2022 démontre par ailleurs les effets néfastes du torchage sur la santé humaine à partir d’une proximité de 60 km d’une torchère.

Mais selon la multinationale, ses activités ne présentent « aucun problème pour la santé des populations ». Le groupe estime même apporter « une contribution positive à la santé des communautés proches de ses opérations » et indique investir dans des programmes visant à « renforcer la capacité et la qualité des structures de soin locales ».

Perenco souligne l’aspect « crucial » de sa contribution aux systèmes de santé et dit soutenir des « projets majeurs » au travers de « soutiens infrastructurels, de formations des personnels médicaux et de la facilitation de l’accès aux soins pour les communautés isolées ». À titre d’exemple, un porte-parole mentionne le développement de « laboratoires de dépistage lors de la pandémie de COVID-19 », qui seront prochainement reconvertis pour tester la tuberculose.

Torchage « interdit » – sous conditions

Au Cameroun, la loi mentionne des autorisations possibles de torchage à titre exceptionnel, lorsque des difficultés techniques et économiques le justifient et pour une durée « qui ne peut excéder soixante jours », sous peine de sanctions financières. Une fréquence maximale que dépasse largement Perenco dans le pays, aux dires des témoignages réunis par InfoCongo et des données analysées par l’EIF.

Une étude d’impact environnemental doit en outre être fournie par l’exploitant afin de minimiser les risques associés au torchage. Le Gabon interdit quant à lui explicitement le torchage depuis 2019 – sauf autorisation spéciale du ministère chargé de la préservation de l’environnement.

Les autorités camerounaises et gabonaises, sollicitées par Mediapart, n’ont pas souhaité répondre à nos demandes de consultation des études environnementales et des autorisations de torchage en question, pour ce qui relève des blocs pétroliers opérés par Perenco.

Au regard de ce qui est dit ci haut sur le torchage du gaz par Perenco; nous nous posons la question sur leur comportement dans les pays du Golf de Guinée (Cameroun , Gabon et Congo) ou ils restent des champions en matière de torchage du gaz avec le regard complice des Etats alors qu un partenariat privé/public avec les Etats concernés pouvait permettre de mieux utiliser et de mettre à profit ce gaz qu’ils brûlent inutilement et ainsi mettent en danger la sante des populations.

Dr Bareja Youmssi

Expert en Mines et Petrole

Enseignant -Chercheur

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