(édito – texte)

Un duo sensationnel vient d’accéder au pouvoir par les urnes au Sénégal, démontrant ainsi sa résilience
et son enthousiasme. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il ne doute de rien et que tout est possible.
La jeunesse sénégalaise décomplexée a fait tomber le landerneau politique que l’on croyait
indéboulonnable. Elle a mis fin à des décennies de gabegie qui ont poussé la jeunesse à l’exil, au
suicide, au doute et à la lassitude dans un pays où le changement paraissait impossible.
Cette jeunesse a balayé un pouvoir politique incapable de se réinventer et qui, aveuglé par
l’enrichissement facile, ne s’est jamais soucié de la misère durablement installée dans toutes les
couches sociales. Au lendemain des résultats, l’Afrique était médusée après un réveil difficile.
A quoi doit-on ce changement ?
Le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’est appuyé sur la jeunesse qui est confrontée tous
les jours à l’injustice, à l’arbitraire, à l’abus de pouvoir, mais surtout au chômage de masse qui fait d’elle
les renégats d’une société sans avenir.
Pour cela, la nouvelle équipe a proposé un projet réaliste qui prend en compte les richesses endogènes
du pays, l’éducation, la santé, la justice et surtout le mérite dans un système où toutes les promotions
sont biaisées.
Le discours du duo de choc a su mobiliser la jeunesse, prenant en compte les intellectuels, la classe
moyenne et surtout, pour une première fois, elle a adressé un message percutant à tous les oubliés et
délaissés des bas quartiers. Elle a touché les campagnes et l’arrière-pays. Tout ce petit monde a su
répondre présent dans les urnes.
Cette mobilisation a été au centre du succès de la nouvelle équipe malgré les entraves qui la conduite
dans les geôles infectes. La jeunesse sénégalaise s’est sentie écorchée par les manœuvres brutales qui
ont causé la mort parmi les manifestants qui ne revendiquaient que leurs droits légitimes de citoyens.
Cette jeunesse a décidé de prendre son destin en main et de porter au pouvoir une équipe jeune,
dynamique et prometteuse.
Une fervente campagne pour l’inscription dans les listes électorales
Le vote dans les urnes porte un poids qui brise toutes les barrières. Notre duo l’a vite compris. Pour
gagner ces élections, nos insoumis ont fait campagne auprès de la population. Ils ont convaincu cette
jeunesse désabusée que tout est possible si elle le veut. Pour cela, il fallait s’inscrire dans les listes
électorales qui restent malgré tout, la seule issue pacifique vers la victoire.
L’ancien pouvoir, convaincu que le monde est immuable et que rien n’est possible sans eux s’est
fourvoyé et lourdement trompé. Les modes de communication ont largement évolué. La jeunesse suit
toutes les évolutions sans avoir à se déplacer car c’est le monde qui vient à eux. Ils lisent, écoutent et
ont un jugement de valeur. L’information ne se limite plus à la radio et à la télévision nationale.
Cette jeunesse ne s’accroche plus aux médias étrangers tronqués qui font la part belle aux pouvoirs en
place. Elle communique à travers les réseaux sociaux et peut allègrement s’enticher des informations de
tous les horizons. Bref, cette jeunesse est libre, altruiste et fait ses choix politiques en toute âme et
conscience.
La jeunesse sénégalaise désabusée a choisi la voie de la légalité. Elle s’est inscrite en masse dans les
listes électorales malgré les barrières dressées contre elle. Elle a pris conscience de son rôle, de ses
devoirs et surtout de sa force.
Le jour des élections, elle a voté en masse pour un changement radical car elle ne croit plus à l’ancienne
équipe truffées d’opportunistes qui ne défendent que leurs gamelles.
La nouvelle équipe va s’appuyer sur son programme. Elle n’a fait campagne que quelques jours. Mais
elle a su mobiliser.
Le Sénégal vient de démontrer à la jeunesse africaine que rien n’est impossible. La jeune et nouvelle
équipe est entrée au fourneau. Elle doit tenir ses engagements car elle est la nouvelle vitrine d’une
Afrique conquérante qui s’appuie sur ses forces vives.
Les enseignements à tirer de la victoire de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko sont multiples.
Les prochaines échéances électorales en Afrique vont inspirer cette jeunesse qui ne doute pas et qui

constitue un réservoir et un potentiel d’électeurs pour un sursaut de l’Afrique piétinée.

Michel Lobé Etamé

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