(écrits)
“Investir dans les enfants (écoles, langues, activités) produit un rendement futur, supérieur à votre consommation d’aujourd’hui (voiture, maison, jet privé)”. Becker, prix Nobel de l’Economie 1992 dans “Capital humain”.
INTRODUCTION
Au Cameroun, des slogans indécents lancés par des influenceurs sur les réseaux sociaux disent que si on n’est pas propriétaire à 30 ans, c’est qu’on a raté sa vie. Je trouve cela absurde et anti-économique, dit par des gens qui se trompent de la vraie compétition, qui n’est pas la dépense et l’accumulation, mais le fait de miser sur le rendement supérieur futur à travers l’éducation des enfants.
Ce qui à mon avis serait juste de dire est : C’est ce que fera votre enfants à trente ans qui dira si vous avez réussi votre vie ou échoué. C’est cette logique de transmission du capital qui a pérennisé la classe bourgeoise européenne.
La vraie compétition n’est pas la consommation précoce pour devenir propriétaire à trente ans ou à cinquante ans, mais l’investissement dans le capital humain des enfants, car c’est le seul capital qui produit un rendement futur supérieur et qui se transmet.
Le slogan de certains influenceurs camerounais disant : « Si tu n’es pas propriétaire à 30 ans, tu as raté ta vie » est anti‑économique, et anti‑bourgeois.
La bourgeoisie européenne s’est reproduite pendant 200 ans non pas par la consommation (acheter une maison à crédit), mais par la transmission du capital humain.
C’est en tout cas la théorie développée depuis 1964 par le prix Nobel de l’Economie 1992, Gary Becker.
Gary Becker était un économiste américain né en 1930 et mort en 2014, Professeur à l’Université de Chicago et Prix Nobel d’économie en 1992. Il est auteur du livre “Human Capital” publié en 1964, dans lequel il montre que l’éducation est un investissement, et non pas une dépense
Becker est l’un des économistes les plus influents du XXᵉ siècle. C’est lui qui a donné une base théorique solide à l’idée que l’investissement dans les enfants (capital humain) produit un rendement économique supérieur à la consommation immédiate. Il montre que la bourgeoisie se reproduit en transformant son revenu en éducation, en compétences, en discipline, en réseaux, plutôt qu’en dépenses ostentatoires.
Qu’est-ce que le capital humain ?
Définition de Becker :
Le capital humain est l’ensemble des compétences, connaissances, habitudes, santé et discipline qui augmentent la productivité d’un individu. Il distingue trois genre de capital :
1) Le capital humain général : langues, mathématiques, culture, discipline
2) Le capital humain spécifique : compétences liées à un métier ou une entreprise
3) Le capital humain familial : transmission des normes, du langage, et de la discipline
Question :
Pourquoi selon Becker, investir dans les enfants produit un rendement supérieur à la consommation ?
Réponse :
Parce que l’enfant est un actif productif dans le sens économique : il génère des revenus futurs, il génère du statut, il génère du capital social, et de la stabilité familiale.
L’enfant procure un Rendement économique direct. Un enfant bien éduqué gagne plus, est plus stable, a moins de risques sociaux, transmet mieux le capital familial.
Les études montrent qu’un diplôme supérieur augmente le revenu de 30 à 70 %, une langue étrangère apprise augmente le revenu de 10 à 20 %, une bonne santé augmente la productivité de 15 à 25 %.
Il ne faut pas oublier le Rendement intergénérationnel. L’investissement dans les enfants augmente la probabilité qu’ils deviennent bourgeois, cela renforce les réseaux familiaux, il stabilise le patrimoine, et réduit les risques de déclassement social.
Il y a aussi le Rendement social. Un enfant discipliné, cultivé, bilingue, représente la famille, ouvre des portes, sécurise les alliances, augmente le prestige familial.
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Jean-Paul Pougala
Lundi le 3 Août 2026
















