POURQUOI A CE JOUR AUCUN PAYS UTILISANT LE FRANC CFA N’A ÉTÉ DÉCLARÉ EN FAILLITE ?

Parce que le Franc CFA est un système monétaire anti‑faillite des états, mais aussi pour cette raison, anti‑développement.

Aucun pays du franc CFA n’a officiellement « déclaré faillite » (défaut souverain total) parce que le système CFA est conçu pour empêcher la faillite, au prix d’une dépendance structurelle au FMI, à la France et à la BCE.

Autrement dit : la faillite est évitée, oui, mais la souveraineté monétaire est sacrifiée, le développement du pays est sacrifié. Ce qui veut dire que les pays utilisant le Franc CFA, sont conçus sur le plan financier, pour ne jamais se développer, puisqu’ils ne prennent aucun risque d’investissements substantiels.

Que le Sénégal cache des dettes portant le niveau d’endettement à 130%, que le chef de l’état camerounais âgé de 93 disparaisse pour autant de temps qu’il veut à Genève, aucun pays du franc CFA ne peut faire faillite; parce qu’ils ont tous accepté de fonctionner à travers une inertie où la priorité n’est pas le sort de 30 millions d’habitants du Cameroun, mais la stabilité des marchés financiers.

En retour, ces populations n’ont rien en rapport avec le Franc CFA, ni leur niveau de consommation, ni leur niveau de production. C’est une monnaie hors sol pour plusieurs raisons :

1) Le franc CFA est garanti par le Trésor français

Les pays africains membre de la zone monétaire du Franc CFA n’émettent pas de monnaie souveraine. Ils n’émettent pas de monnaie du tout. Ils se content tous d’utiliser une monnaie garantie par la France, arrimée à l’euro, avec une convertibilité assurée par Paris, une politique monétaire dictée par la BCE, et des réserves obligatoires déposées au Trésor français.

Et en matière de finances publiques, un pays ne peut pas logiquement faire faillite sur une monnaie qu’il ne contrôle pas.

La France assure la continuité du système, même en cas de mauvaise gestion locale. En d’autres mots, quand un pays de l’AES (Mali, Burkina, Niger) annonce qu’il rompt les relations avec la France, “il ment” (comme dirait le professeur Bahebek).

Parce que la France qui est la seule qui décide quelle quantité de monnaie imprimer pour un pays de l’AES appelle au moins 10 fois par jour avec ce supposé pays qui annonce avoir rompu les relations, non pas pour converser amicalement, mais pour administrer des injonctions économiques et financières de Paris.

2) Les banques dites centrales comme la BEAC, et la BCEAO ne peuvent pas financer les États africains, parce qu’elles ne sont que des boîtes aux lettres de Paris dans ces pays africains. Et puis c’est tout.

Contrairement aux vraies Banques Centrales, elles n’ont pas le droit d’imprimer de la monnaie pour sauver un État, ni de refinancer massivement les banques, encore moins de mener une politique contracyclique.

Cela empêche les crises hyperinflationnistes, mais mécaniquement, bloque aussi la croissance, bloque le développement de ces pays. Parce qu’il n’y a pas de développement sans croissance économique. Pas besoin d’avoir pris des cours d’économie un seul jour de sa vie pour le comprendre.

3) Le FMI intervient systématiquement avant la faillite :

Les pays africains qui utilisent le Franc CFA sont sous programmes FMI quasi permanents depuis les années 1980. En d’autres mots, c’est depuis 1988 que le Cameroun est géré par le FMI. Comme la totalité des pays qui utilisent le Franc CFA.

Le FMI leur impose des réformes, des ajustements budgétaires, des prêts d’urgence, et tout le temps, des restructurations partielles.

Le FMI agit comme assureur de dernier ressort, empêchant le défaut total. Oui mais, le FMI n’est qu’un assureur et non un organisme de développement. Quand on laisse depuis 40 ans, des pays africains gérés par un assureurs, c’est bien la preuve que les dirigeants africains se contentent du titre de chef d’état, malgré le fait que la fonction soit vidée par la gestion externe de leur économie.

C’est comme si un pays renonçait de construire les hôpitaux pour faire le choix de n’avoir que les services d’urgence et une belle flotte d’ambulances pour conduire ceux qui tombent vers ces points de santé exclusivement d’urgence.

En Afrique, le FMI intervient dès que les déséquilibres deviennent dangereux, comme en CEMAC en ce moment (19 août 2026) où les États sont « sous pression » et proches d’une dévaluation , ou au Sénégal, où la dette réelle a explosé à plus de 130 % du PIB, nécessitant un nouveau programme FMI .

Le FMI ne laisse pas le système du Franc CFA s’effondrer, car cela menacerait l’euro, la France, et la stabilité régionale. En échange, ces pays acceptent d’affaiblir l’Etats dans les services publics, dans l’économie qui est l’orthodoxie économique de Washington. Le seul drame est celui de constater que cela ne correspond pas aux intérêts collectifs africains.

4) La France et le FMI protègent le système pour des raisons géopolitiques

Si un pays du CFA faisait faillite, la crédibilité du franc CFA serait détruite, l’arrimage à l’euro serait remis en cause, les autres pays pourraient sortir du système, la France perdrait son influence monétaire en Afrique.

La faillite financière d’un pays utilisant le Franc CFA serait la faillite du système CFA lui-même. Et donc elle est institutionnellement empêchée.

Le cas du Cameroun : un pays sous perfusion permanente

Le Cameroun est un exemple typique de ce modèle : dette publique élevée, réserves de change faibles, croissance insuffisante, dépendance aux matières premières, programmes FMI répétés depuis 1988.

Le FMI intervient régulièrement pour non pas pour sauver le Cameroun, mais pour éviter la dévaluation du FCFA, pour maintenir les équilibres financiers extérieurs, pour refinancer la dette, et surtout, pour imposer des réformes budgétaires. Et c’est cette dernière partie qu’il brandit comme trophée aux marchés, puisqu’il n’est qu’un assureur.

Le Cameroun n’a pas fait faillite oui, mais pas parce que les dirigeants camerounais sont si vertueux, mais uniquement parce que le pays est sous assistance continue. Et avoir accepté cette situation, c’est aussi avoir renoncé au développement économique et industriel du Cameroun. Ce n’est pas pour cela que le FMI vient dans un pays.

Le paradoxe dont personne ne parle est : pas de faillite, oui, mais pas de développement non plus.

Les pays du CFA évitent la faillite grâce à la garantie française, grâce à la discipline monétaire que cette même France leur impose y compris à l’AES qui l’applique fièrement sous rupture des relations diplomatiques, grâce aux programmes du FMI, tous décidés avec l’avis de la France et à la fixité du taux de change.

Mais ils paient tous un prix très élevé : impossibilité de financer leur propre économie, dépendance aux bailleurs internationaux, absence de politique monétaire autonome, croissance structurellement faible, incapacité à absorber les chocs mondiaux.

En peu de mots, ils ne font pas faillite parce qu’ils ne sont pas souverains. Et comme ils ne sont pas souverains, il n’ont personne aux manettes pour piloter le vrai développement économique et industriel de ces pays, en dehors de ce que la France a décidé pour eux bien sûr.

Pour Comparaison : pourquoi l’Argentine, le Liban ou le Sri Lanka ont fait faillite ?

Réponse :

Parce qu’ils ont une monnaie nationale, ils ont tous une banque centrale autonome, ils ont des marchés obligataires domestiques, et des cycles de crédit internes.

Ils peuvent donc déclarer un défaut souverain. Les pays du Franc CFA, eux, ne contrôlent pas leur monnaie, et donc ne peuvent pas faire défaut sur elle.

La leçon a retenir est :

Oui, les pays du franc CFA évitent la faillite parce qu’ils sont sous perfusion permanente du FMI, sous garantie du Trésor français, dépourvus de souveraineté monétaire, et complètement incapables de mener une politique économique autonome.

Non, cela ne signifie pas qu’ils sont en bonne santé économique. Cela signifie qu’ils sont maintenus artificiellement en vie, comme un patient sous assistance respiratoire. Le patient n’est pas encore mort, mais dans cette condition végétative, il ne sert pas à lui-même, non plus.

LES FAILLITES FINANCIERES DES ETATS SOUVERRAINS

Une trentaine de pays ont déjà été déclarés en faillite (défaut souverain) depuis 1950. Les cas les plus marquants sont l’Argentine, la Grèce, le Liban, le Sri Lanka, le Venezuela, la Russie (1998), l’Islande (2008), l’Équateur, le Pakistan (quasi‑défaut), le Ghana (2022).

Les conséquences sont toujours les mêmes : effondrement du PIB, hyperinflation, crise bancaire, pauvreté massive, chômage, intervention du FMI, instabilité politique.

Plusieurs pays dans le monde, ont déjà été déclarés en faillite (défaut souverain).

Les cas les plus connus sont : l’Argentine, la Grèce, le Liban, le Sri Lanka, le Venezuela, le Yémen, la Syrie, la Somalie, le Soudan du Sud.

Les conséquences sont systématiquement graves : effondrement du PIB, crise bancaire, dévaluation, fuite des capitaux, hausse de la mortalité, pauvreté durable.

Question :

Que signifie réellement la « faillite » d’un pays ?

Réponse :

Un État est considéré en faillite lorsqu’il ne peut plus payer ses dettes (défaut souverain) ou lorsqu’il n’assure plus ses fonctions régaliennes (État failli).

Les deux phénomènes se recoupent souvent :

  • Défaut souverain : incapacité à rembourser la dette publique.
  • État failli : effondrement des institutions, perte de contrôle territorial, disparition des services publics.

Conséquences générales d’une faillite souveraine :

a) Effets économiques
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(…)
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Jean-Paul Pougala

Mercredi le 19 Août 2026

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