(édito)
La nouvelle année croule sous un lot d’informations tristes, malheureuses et
sidérantes à la fois.
Aux Etats-Unis, deux anciens présidents se sont enfin exprimés pour dire au
peuple de ne pas plier l’échine face aux militaires de l’ICE (Immigration and
Customs Enforcement) dont les agissements rappellent les sombres heures de ce
jeune pays, durant la guerre de sécession.
Dans le pays de l’oncle Sam, « berceau de la démocratie » qui a toujours foulé
sous ses pieds les droits des minorités afro-américaines, ce sursaut peut
surprendre. Mais il est à l’image des femmes et des hommes habitués à voir le
mal et la barbarie hors de ses frontières.
En Europe, des voix se sont élevées pour dénoncer les ambitions
extraterritoriales de Donald Trump sur le Groenland. Il veut étendre son pays, au
mépris du droit international.
Le droit international, parlons-en. Existe-t-il ? Si oui, il est au service des
puissants. Et l’ONU, cette grande muette ? Quand Trump kidnappe Maduro, le
pauvre président vénézuélien, l’Europe s’émeut à peine. C’est le sort réservé aux
dictateurs, entend-on ici et là. Ce nouveau crime de lèse-majesté, pour ceux qui
en doutaient encore, vient raffermir les doutes et les spéculations sur les
agissements du président étatsunien.
Ce n’est pourtant pas un précédent. Nos mémoires sont-elles à ce point
éclectiques à souhait ?
Dans un passé si récent, les télévisions du monde avaient montré l’ancien
président ivoirien, Laurent Gbagbo, en tenue de chambre dans son palais. A côté
de lui, sa femme, les yeux hagards. Des soldats français l’encadraient sans
ménagement. Il a été kidnappé de son palais sur ordre de Nicolas Sarkozy. La
suite, vous la connaissez.
La presse occidentale, toujours friande de scoops, n’a pas jugé bon de
condamner un acte néocolonialiste et d’ingérence du président français. Après
tout, l’Afrique est une colonie qui reçoit des ordres et qui n’a ni le droit de
penser, ni l’outrecuidance de les commenter. Ça été un non évènement.
Dans ce contexte, pourquoi s’apitoyer sur le sort du pauvre Maduro ? Ainsi va
le monde avec sa hiérarchie d’injustices.
Mais ce qui nous choque le plus en ces moments troubles, c’est le Soudan. Un
pays en Afrique, riche de son histoire glorieuse, de ses pyramides, de son pétrole
et de son or.
Le Soudan est cyniquement pillé par les pays arabes. Pour arriver à leur fin, ils
recrutent des mercenaires en Colombie. Ce génocide à huis clos a causé la mort
de milliers d’innocents, de femmes et d’enfants.
Les Emirats-arabes-unis sont à la tête de cette coalition macabre qui compte plus
de morts que le récent soulèvement iranien qui a réussi à fédérer le camp
occidental.
Les morts au Soudan se comptent par milliers. Pour combien de temps encore ?
Que penser des dirigeants africains et de l’Union africaine frappés de myopie ?
Sont-ils à la hauteur pour dénoncer et mettre fin à cette tragédie qui s’éternise ?
Et que dire du comportement collectif de malhonnêteté et de laxisme des
intellectuels africains du sort de nos frères soudanais ? Seraient-ils frappés de
dénialisme ?
Par Michel Lobè Etamè
Journaliste Indépendant, Essayiste et romancier















