Nous assistons depuis quelques mois, impuissants et incrédules, aux débats qui animent l’actualité sanitaire. Pourquoi impuissants et incrédules ? Tout simplement parce que le monde s’emballe. D’un côté, il y a le pouvoir politique et le monde scientifique qui imposent le vaccin pour « freiner » sa propagation. De l’autre côté, il y a ceux qui se battent pour la liberté de se soigner ou non et qui doutent de l’efficacité du vaccin. Parmi ces derniers, les conspirationnistes, les Illuminati, les activistes et les paumés donnent de la voix.
Les deux camps s’affrontent. Pour les premiers, le vaccin obligatoire a du bon sens pour la société. La vaccination de masse et sans exception est la meilleure solution pour enrayer l’épidémie en cours. Cette décision a été amendée par le pouvoir exécutif et parlementaire en France.
Les affrontements entre les deux camps, à travers l’actualité sanitaire, n’est rien d’autre que le prélude d’une longue bataille sociétale. Les vaccins sont disponibles en Occident alors qu’ils en manquent dans les pays pauvres. La demande de dérogation temporaire des brevets des vaccins a débuté en octobre 2020. Elle tourne en rond. L’Occident n’est pas disposé à brader ses brevets.
Alors que les pays pauvres sombrent dans la misère à cause du Covid-19 qui a brutalement freiné leurs économies, nous assistons à des batailles qui cachent en vérité le mal être des pays riches où de nouveaux pauvres sont perdus et manipulés par les gourous de la toile.
Au milieu de cette cacophonie, qui a raison ? La question peut se poser dans cette partie du globe, c’est-à-dire celle des riches qui est confrontée à des questions existentielles. Le monde est leur propriété. Ils jouissent d’une liberté que les pays pauvres leur envient.
La bien-pensante qui veille sur la morale peut saisir cette cacophonie pour remettre en cause les inégalités fragrantes que le monde des riches impose au monde des pauvres. Dans les pays pauvres, il n’y a point de vaccin. Ou si peu. Ils s’accrochent aux discours pompeux et au tintamarre de l’impuissante OMS dont le rôle obscur est d’exister.
Les pays pauvres, qui n’ont pas de vaccins, se posent d’autres questions. Comment échapper à la pandémie qui continue à ravager les enfants, les femmes et les hommes ? Ils ne comprendraient pas que dans certains pays, un mouvement se développe, au nom de la liberté, pour remettre en cause la vaccination obligatoire. Avouons que les citoyens des pays riches nous étonnerons toujours.
Notre monde est systémiquement inégalitaire. Les pays riches s’activent à l’heure actuelle à dynamiser leur croissance à des taux à faire pâlir les pays pauvres. Cette croissance programmée va favoriser les exportations vers les pays pauvres qui sont condamnés à consommer.
Mais une autre question se pose. Les pays pauvres, labellisés comme tels sont-ils en mesure de consommer ? Ils sont pauvres et ne peuvent acheter les produits manufacturés qui viennent de l’Occident. Rassurez-vous, les bonnes consciences pensent à tout. Avec le concours bienveillant de la Banque Mondiale et du FMI, ils obtiendront des « prêts exceptionnels » à des « taux exceptionnels ».
Comment vont-ils payer ces prêts ? Nos riches ne manquent pas de subterfuges. Ils demanderont aux pauvres d’hypothéquer leurs ressources minières et de brader leurs productions agricoles à de vils prix. Et le tour est joué.
Les pauvres sont ainsi condamnés à voir leur taux de croissance en berne. Leur rôle n’est pas de produire, mais de consommer à crédit. Ils s’endettent tant qu’ils n’auront pas conscience que leurs partenaires ne sont pas disposés à partager avec eux les richesses du monde.
Les grandes fortunes personnelles ont compris que le monde est foncièrement injuste. Pour échapper au destin cruel qui se prépare sur terre, elles ont lancé la course vers de nouvelles planètes. Sans doute, il fera bon de vivre là-bas. Entre riches et vaccinés, bien sûr.

Par Michel Lobé Étamé
Journaliste Indépendant

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