CAMEROUN/L’ÉCRITURE de NJOYA: UN FACTEUR D’UNITÉ NATIONALE

 
 
L’écriture Njoya : un facteur d’unité nationale pour le Cameroun
Le roi Njoya est célébré de par le monde pour ses œuvres de génie. Parmi celles-ci figure ce qui est nommé alphabet Bamum ou encore Shümom. Il est très déplorable qu’aujourd’hui, 122 ans après sa création, cette merveilleuse écriture syllabique et phonétique— qui, contrairement à l’allemande qui l’avait adoubée, fut interdite par la perverse administration coloniale française dans les années 1930— n’ait toujours pas droit de cité dans notre système éducatif.
Toutes les langues du monde peuvent s’écrire en alphabet Njoya. La même phrase écrite en Njoya: ꛫꚦ ꚮ ꚪꚳ꛰ꛔꚤ ꚱꚢ ꚳꚧꚳ꛰ꚱꚤ ꛅꛮꚤ ꚷꚤꛄꚬꛑ ꚠꚳ꛰ꚠꛜ꛱ꛘ꛱ꚠꛗꚤꛤ꛱ ꛲ꚳ꛰ꚸꚧꛂ꛳
Un alphabet, comme une langue commune, un territoire, une véridique histoire partagée ou tout autre élément qui entre dans l’identification d’une nation, n’est pas une solution miracle pour sa paisible et pérenne existence. Il en serait autant de l’écriture Njoya, du Fulfulde, du Um (nom proposé par certains pour la monnaie nationale) ou du fédéralisme. L’Ethiopie possède l’écriture Ge’ez, l’Amharique comme langue nationale, a le Birr pour monnaie et est un état fédéral. Mais ce grand pays est souvent en butte à des crises politiques aiguës qui menacent jusqu’à son existence même. Son exemple prouve que la clé de la réussite est certainement dans l’alchimie aboutie entre fortes institutions et hommes de très hautes valeurs, c’est-à-dire des leaders patriotes qui placent l’intérêt de la nation au-dessus de toute chose.
Toutefois, avoir un alphabet commun, en lieu et place du Latin que nous utilisons actuellement, sera une avancée décisive dans la reconquête de notre nous-même. Car, nous camerounais vivons à l’étranger au Cameroun, sur la terre de nos Ancêtres. Hormis la gastronomie, culturellement parlant, tout ou presque est importé : langues, alphabet, religions, calendriers, noms, systèmes métriques et juridiques, Constitution, etc. Difficile de ne pas se représenter les lieux d’origines de ces objets culturels comme le paradis sur terre et nourrir l’ardent désir de s’y rendre vivre, à tous les prix. Pour l’élite, posséder une maison à Paris, Londres ou Dubaï est un projet de vie voire une raison d’être. Plus grave, ces importations cannibalisent notre propre héritage culturel dont fait partie l’exceptionnelle écriture Njoya.
Les Ewondo ont en commun l’Ewondo, comme les Nso ont le Lamnso. En revanche, entre camerounais, nous avons très peu voire presque rien en commun, d’un point de vue culturel. Des compatriotes qui tous, de Blangoua à Olamze et de Batouri à Kumba, se parlent en Fulfulde et s’écrivent dans leur alphabet national se sentiront certainement plus proches les uns des autres. Chacun conservera un attachement à sa localité et son identité culturelle locale, mais il saura intuitivement qu’au-dessus d’elle il existe une encore plus grande, plus robuste et revigorante: la nation camerounaise.
L’Algérie a donné au Tamazight un statut officiel aux côtés de l’Arabe. Cette langue afro-asiatique ancestrale du peuple Berbère possède son écriture qui existe depuis l’Antiquité : le Tifinagh. L’Etat algérien promeut également son alphabet antique. L’Algérie nous indique le chemin à suivre pour notre renaissance culturelle véritable. De cette dernière, le Njoya est un instrument puissant.
Ogolong Ondimoni Ombano (JMTV+)
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