(écrits)
Vous êtes nombreux à m’écrire pour me demander pourquoi avec tant d’idées je ne contribue pas à construire mon pays le Cameroun ou pour ne pas m’approcher des dirigeants de l’Aes.En Afrique avant d’écrire quoi que ce soit, tu dois faire le choix, ou taper juste sur Biya 24 heures sur 24, après il t’appelle, comme il a déjà fait pour d’autres opposants, ou faire comme moi, taper d’abord et surtout sur celui qui tire les ficelles, celui qui donne les ordres et place les hommes au pouvoir au Cameroun comme partout ailleurs en Afrique dite francophone, la France.Une fois que vous avez fait le choix de désacraliser le système, vous renoncez par vous-même à servir le même système.
La raison tient à ceci : il y a une route balisée pour les contestataires du système qui doivent s’en prendre à tout ce qui touche à la périphérie du système, mais pas au système lui-même, pas à son centre.Quand vous prenez le risque de le faire, vous êtes Black listés.Vous servez ensuite d’exemple et avertissement pour les autres téméraires : à aucun moment, vous ne devez vous en prendre au système lui-même.Vous pouvez à la rigueur parler contre la France ou contre qui vous voulez, on vous tolère, ce qui vous est interdit est d’expliquer aux autres victimes la vraie dynamique de notre soumission.Alors qu’on nous dit que la démocratie va sauver toute l’Afrique de la misère, ça devient dangereux d’oser dire que c’est faux.
Et que changer Macky Sall, pour Diomaye Faye ou même Sonko, ne changera rien dans la vie des sénégalais tant que le logiciel reste le même.Vous êtes pris pour cible si vous osez dire que même les militaires au pouvoir en Guinée, au Gabon ou au Burkina quelque soit la rhétorique anti française utilisée pour plaire à une masse sans espoir, ne sont pas de vrais révolutionnaires, puisqu’ils se sont eux aussi déjà attablés pour la grande kermesse du festin, l’Afrique.Ce qu’on reproche à des rares penseurs africains comme moi, est d’expliquer avec des mots faciles aux autres colonisés africains les mécanismes de leur mise sous tutelle, et surtout les agents africains qui permettent cela d’arriver. Quand vous faites le choix de ce type d’orientation et de positionnement idéologique, vous êtes tout aussi conscient du fait que votre nom est sur la Black-list de la France, pour ce qui est du Cameroun.Et tout ce que vous dites et écrivez, ne sert en réalité à personne au pouvoir au Cameroun ou en Afrique.
Ils ont trop peur de la France même pour s’afficher avec moi. Et je les comprends.A chacun son rôle, j’ai choisi le mien. C’est pour ça que je précise au début de presque toutes les leçons que j’écris pour les enfants des écoles primaires d’Afrique. C’est une manière de rassurez nos bourreaux qu’ils peuvent dormir tranquilles parce que je ne veux rien bouleverser de leur ordre établi en Afrique.C’est pour ceux qui viendront au monde dans 10 ou 20 ans que j’écris. Quand ils auront l’âge de prendre le pouvoir en Afrique, personne de nous ‘e sait ce qu’ils en feront. Question : Pourquoi je parle des enfants ?Réponse : parce que la vraie prise de conscience se construit quand les enfants sont petits.Une fois devenus grands, les gens aiment mes leçons, non pas parce qu’ils ont compris l’idéal de sortir l’humain de la servilité coloniale qui les compagne, mais parce que j’ai écrit ce qu’ils ont envie d’entendre et qui leur sonne bien émotionnellement.
J’ai appris pendant des années que les intellectuels africains presque tous formatés à la pensée unique de mensonge de l’occident et qui a par exemple accompagné la narration mensongère pendant 4 ans passés de la guerre en Ukraine, n’ont pas de recul nécessaire pour apprécier ce que vous dites, ou ce que vous faites qui ne soit pas partisane, tribale, ou clanique.Dire que Kamto est un piètre politicien for ce à l’armada de Paul Biya et qu’il serait mieux céder la place pour laisser émerger d’autres talents dans son camp, est immédiatement vu comme une trahison à la tribu, au groupe et on devient vite un “sardinard” subissant toutes les insultes et menaces d’usage.De même, dire qu’à 93 ans et 43 ans d’échec économique au pouvoir, Paul Biya ferait mieux de passer la main, est vécu comme un sacrilège par certains qui vont jusqu’à m’accuser de haute trahison, comme si durant toutes ces années, ils avaient appliqué une seule chose que je les suppliais de mettre en place pour éviter de continuer d’enfoncer droit dans le mur.La vérité est que l’économie est la mathématique et la mathématique n’est pas une opinion.
Quand après 43 ans, vous allez encore vous faire humilier au FMI, c’est la preuve que vous avez tout fait faux. Ou tout simplement que vous n’avez pas compris le système et comment jongler pour malgré tout produire suffisamment de richesse. Diomaye Faye et Sonko ont un bon prétexte de retourner mendier au FMI en disant que c’est la faute de Macky Sall, le prédécesseur président du Sénégal qui aurait caché des dettes. Mais celui qui a fait 43 ans donne la faute à qui pour rentrer emprunter au FMI qui n’intervient que lorsque personne ne veut plus vous prêter tellement vous êtes mauvais en gestion d’argent public ?
En Afrique on va vous crucifier si vous osez dire que c’est du vrai n’importe quoi qu’un président “influenceur” annonce à sa population qu’il a construit des routes exclusivement sur fonds propres du pays, alors qu’il vient juste de proroger avec le FMI, l’étalement des des dettes qu’il n’arrive pas à rembourser.C’est pour cela que j’écris non pas pour eux, mais pour les autres enfants africains, afin qu’ils comprennent que l’échec des dirigeants africains à mon époque (maintenant) était avant tout lié à leur incapacité à créer la richesse dans un système capitaliste biaisé.Ils n’ont pas pris le temps de comprendre les nuances d’un système de brigandage international des plus forts qui s’affranchissent de toutes les règles qu’ils ont imposées aux autres.
Les dirigeants africains n’ont pas reçu l’éducation qu’il faudrait, pour avoir la capacité de savoir qui sont leurs ennemis et qui les amis, capables de les sortir du pétrin.Et que même quand on a identifié ses ennemis potentiels, on ne les fuit pas, on fait semblant, on les côtoie parce que la diplomatie c’est justement parler à tout le monde, surtout avec ses ennemis.Ils n’ont pas appris que, l’information, la bonne information est importante à toutes les étapes du pouvoir. Et pour avoir une marge, les autres ne doivent surtout pas savoir les limites de ce que vous savez. Et en vous éloignant des sources précieuses d’informations même des gens que vous n’aimez pas ou que vous combattez, il vous manquera toujours un morceau pour terminer votre puzzle et prendre la bonne décision.Conclusion :Non, je n’écris pas pour changer le moindre pays africain.
C’est trop tard pour ceux qui gouvernent aujourd’hui, puisqu’ils sont déjà installés dans une dynamique où il faut jongler entre les vrais problèmes quotidiens à résoudre sans moyens et le maître français ou britannique qui n’a aucune intention de les laisser libres d’agir.Voilà pourquoi, il faut penser à la lutte de libération des consciences mais étalée sur plusieurs générations à commencer par celle qui viendra immédiatement après nous.Voilà pourquoi, J’écris en priorité pour la postérité.Les insultes et les menaces de mes contemporains que vous êtes, ont déjà été prévues et intégrées dans la démarche.Ce n’est pas vous ma cible. Parce que vous n’avez pas été formatés pour me comprendre.La chance est ces rebelles du système qui me lisent et me suivent avec assiduité et qu’on retrouve dans toutes les sociétés en déshérence, qui se chargeront de se cultiver au maximum grâce aussi à mes leçons, pour devenir des courroies de transmission de mes écrits et de mes enseignements de libération, aux futures générations d’africains.
Jean-Paul Pougala
Mardi le 13 janvier 2026















