Communiqué de Binam Canada, Montréal le 9 février 2019

C’est dans la plus grande consternation que les membres de l’Association des
Bamilékés du Canada (Binam Canada) ont appris l’apologie de l’holocauste des juifs
Allemands et l’appel à l’extermination du peuple Bamiléké par le ministre
camerounais Jean De Dieu Momo sur les antennes de la télévision nationale du
Cameroun, la CRTV, le 3 février 2019.
En effet, après avoir décrit ce qu’il allègue être une attitude suprématiste du peuple
Bamiléké à l’égard des autres camerounais, le membre du gouvernement Momo y a
déclaré ce qui suit : « On raconte qu’en Allemagne il y avait un peuple très riche qui
avait tous les leviers économiques, les juifs, et ils étaient d’une arrogance telle que
les peuples allemands se sentaient un peu frustrés. Puis un jour est venu au pouvoir
un certain Hitler, qui a mis ces populations-là dans les chambres à gaz ».
Il nous est également parvenu qu’une campagne de dénigrement et de la haine
contre le peuple Bamiléké est mise en branle à travers certains medias du pays
depuis le déclanchement de la dernière campagne pour les élections présidentielles
du 7 octobre 2018, sous la barbe de tous, sans que l’État camerounais ne prenne
aucune mesure pour la dénoncer ou y mettre fin.
Le fait que le gouvernement Camerounais ait pris la peine de s’excuser à l’État
d’Israël pour cette même déclaration génocidaire du ministre Momo à l’endroit du
peuple juif, tout en refusant d’exprimer les mêmes excuses au peuple Bamiléké
écorché par la même déclaration de monsieur Momo, prouve à suffisance que la
menace de l’imminence du massacre des Bamilékés est sérieuse et fondée.
Nous demandons au gouvernement camerounais de présenter immédiatement des
excuses aux peuples Bamilékés et à tous les camerounais comme il l’a fait pour les
juifs afin de dénoncer publiquement ces appels au génocide.

Par la même occasion nous condamnons avec les dernières énergies les dérives
tribales observées dans notre pays depuis octobre dernier, ainsi que le massacre
des Anglophones en cours et sommes persuadés que le silence du gouvernement
face à ce comportement de certains intellectuels ethno fascistes proches du Régime
en place à Yaoundé est un chèque en blanc pour contribuer à la destruction du vivre
ensemble Camerounais.
De plus, les libertés individuelles, les libertés d’associations et les libertés de
manifester ne devraient pas être le fruit d’une faveur arbitraire du parti État au
pouvoir comme c’est le cas en moment. Nous avons observé la brutalité servie aux
manifestants pacifiques aux mains nues, les interdictions intempestives et
arrogantes du droit de manifester des Camerounais par les auxiliaires de
l’administration Camerounaise, l’appel des journalistes pro Régime Biya aux forces
de sécurité nationale à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques! Toutes
ces dérives doivent cesser immédiatement.
Nous tenons à rappeler à nos forces de sécurité qu’elles ne sont pas les forces du
parti au pouvoir, mais bien les forces de sécurité nationales en charge de la
protection de tous les camerounais inclusivement et nous rappelons au
gouvernement, s’il ne le sait pas, que son devoir est de veiller à la protection des

Camerounais, de veiller à ce que l’arbitraire cesse, qu’aucune institution ne soit au-
dessus de la Constitution. En ce sens nous exigeons la libération immédiate de

toutes les personnes incarcérées pour avoir tout simplement exercé leur droit
constitutionnel. Les libertés individuelles de manifester et d’association ne doivent
plus être le fruit de l’arbitraire.
Depuis trois ans, les régions du Nord-ouest et Sud-Ouest du Cameroun sont
soumises à un régime militaire sans précédent dans l’histoire moderne du
Cameroun, juste parce que nos compatriotes de ces deux régions ont osé
revendiquer des droits légaux légitimes. Nous disons qu’il est du devoir du
Gouvernement d’écouter les revendications des Camerounais et de mettre en place
des solutions inclusives à la satisfaction des populations, le désastre a assez duré.
Le pouvoir doit sans délai mettre en place des solutions inclusives qui prennent en
considération les desiderata des peuples Anglophones, y compris mettre fin au
régime militaire imposé à ceux-ci et travailler pour le vivre ensemble et l’unité
nationale.
Si le gouvernement ne prend pas immédiatement des mesures concrètes pour
mettre fin à ces campagnes de division du peuple camerounais, il sera imputable
devant l’histoire de toutes les conséquences qu’engendrera cette dérive impunie.

Dans toute l’histoire du Cameroun, nos différents groupes ethniques qui constituent
le peuple camerounais ont toujours vécu en harmonie et dans le respect mutuel.
Notre souhait est que le vivre ensemble au Cameroun et dans toute la diaspora
camerounaise continue d’être toujours aussi harmonieux que par le passé, à l’instar
de ce qui s’observe dans la communauté camerounaise ici au Canada, où nous
Camerounais vivons en parfaite harmonie les uns avec les autres, indépendamment
de nos origines ethniques respectives.
En conclusion, nous tenons à aviser les commanditaires de ce macabre projet de
propagation de la haine tribale, ainsi que l’opinion nationale et internationale, que
nous membres de l’Association des Bamilékés du Canada (Binam Canada)
condamnons fermement cette dérive génocidaire de l’État camerounais et nous
appelons par la même occasion la communauté internationale à réagir afin d’éviter
l’erreur de son attentisme qui, jadis au Rwanda avais laissé le champ libre au
génocide de plus de 800 000 Rwandais, en majorité des Tutsis.

Présidente Bureau exécutif de Binam Canada

Kenfack D.

Porte-Parole Conseil des piliers de Binam Canada

Dr Tadie S.

CC
Gouvernement du Canada
Parlement du Canada
ONU
Union européenne
Union Africaine
Cour Pénale internationale
médias Camerounais

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