Le Cameroun sur lequel règne sans partage depuis 38 années, le dictateur Paul BIYA, est aujourd’hui un pays dépouillé, dévasté, effondré, divisé, déchiré, endeuillé par le génocide le plus stupide de l’ère moderne. C’est une curiosité politique qui a résolument remplacé le mot DÉVELOPPEMENT par ENSAUVAGEMENT. Ce pays jadis florissant, n’offre plus au monde que le spectacle pathétique d’un État barbare, outrageusement méchant, instable et dangereux.

Face à ces crises cataclysmiques, le régime au pouvoir à Yaoundé n’a préconisé que ses solutions rodées mais éculées que sont :  la corruption des acteurs politiques et sociaux, l’étouffement par la violence des voix discordantes, la division par la manipulation des matériaux fissiles de l’ethnicité, le laisser pourrir ou la gouvernance des astres… Gouverner pour ce régime s’assimile à la maîtrise de l’art de la ruse et le maniement de la force, avec pour seule finalité de rester au pouvoir pour le pouvoir et ses ors.

Mais la conjonction de nombreux facteurs et l’agrégation des forces nouvelles (l’Ambazonie, la diaspora, l’irruption du phénomène KAMTO et du MRC, les réseaux sociaux), et des formes inédites et novatrices de résistance, rendent obsolète le logiciel politique de BIYA, qui définitivement manque d’agilité pour se mettre au niveau des défis qui sont ceux de ce Cameroun en pleine convulsion. La conduite ringarde et réactionnaire d’un dialogue national qui se voulait inclusif, pompeusement baptisé Grand dialogue par Paul BIYA est un corollaire à ce propos.

En même temps, comme rarement ce fut le cas par le passé, les camerounais affichent un intérêt particulier pour la conduite des affaires publiques et aspirent davantage à être acteurs de leur destin politique, économique et social.

L’INÉLUCTABLE FIN DE RÈGNE DE PAUL BIYA

Une agrégation des forces du progrès, des forces diplomatiques, se conjuguant avec la situation politique et sécuritaire du Cameroun et spécialement dans sa partie anglophone (le NOSO), rendent inadéquats les placebos qui jusqu’ici ont fait durer le système BIYA, qui d’ailleurs est pour le retour de la paix au Cameroun, un véritable repoussoir. Ses choix politiques, sa longévité au pouvoir, son bilan calamiteux, son âge, de facto le disqualifient et font qu’il est le problème du Cameroun ou du moins, il en fait partie.

Face à ces épreuves, l’édifice BIYA s’effrite, se fissure, se désagrège et bientôt s’effondrera.

La question qui objectivement hante tous les observateurs sérieux, n’est plus celle de savoir si la chute se produira, mais c’est celle du contrôle et de l’orientation de la chute.

Le sort de BIYA en tant qu’individu n’est plus un enjeu pour les forces conservatrices au pouvoir. Ce qui compte pour elles, c’est la pérennité du système, même après le départ de BIYA, qu’elles ne s’empêcheraient de précipiter, si elles avaient la garantie qu’aujourd’hui sera comme la veille et que demain sera comme aujourd’hui.

L’INSOLUBLE ÉQUATION MAURICE KAMTO ET LA CRISE AU NOSO

Cette équation pour les conservateurs dont le tyran BIYA est la figure régnante, a deux inconnues : Maurice KAMTO et le NOSO.

Quelle est l’équation qui permettrait d’imposer un ordre nouveau qui ne tiendrait pas compte de la légitimité populaire, puissamment incarnée aujourd’hui par Maurice KAMTO ? Cette équation est insoluble. Seul un coup d’État militaire ou institutionnel permet d’y arriver.

Comment l’avorton politique, privé de légitimité, issu de ce coup d’État va t-il procéder pour ramener la paix au NOSO ? Cette équation est également insoluble, car le régime BIYA et ses déclinaisons n’ont pas l’agilité politique leur permettant d’inventer un deal convenable pour les populations du NOSO. On dirait d’ailleurs que leur ADN s’oppose à la paix, d’autant que pour ce peuple aujourd’hui massacré, le régime de Yaoundé est perçu comme une espèce de DJOUDJOU dont la seule évocation du nom suscite rejet et incite une forme de légitime défense.

LE RISQUE D’EMBRASEMENT GENERALISE

Une succession à BIYA qui ferait l’économie des voies démocratiques se verra confrontée à trois écueils :

  • l’immense fronde découlant des frustrations internes au régime BIYA-RDPC, dont on peut envisager qu’elle pourrait prendre des formes violentes, y compris armées ;
  • la gigantesque fronde populaire incarnée par le courant légitimiste pour qui Maurice KAMTO est le Président légitime, élu ;
  • le front armé du NOSO, pour lequel cette situation d’instabilité serait un terreau véritable pour se renforcer, se repositionnera avec plus d’autorité encore sur l’échiquier militaro-politique.

LA SOLUTION KAMTO COMME ALTERNATIVE POLITIQUE CREDIBLE

Dans ce magma politique, Maurice KAMTO apparaît comme l’alternative la plus à même d’éviter au Cameroun le scénario-catastrophe ci-dessus décrit, la plus à même de repenser un Cameroun qui s’inscrit résolument sur le chemin de la prospérité et de la démocratie, le plus à même d’engager avec le NOSO, où il semble avoir une vraie audience, un vrai dialogue.

Par ailleurs, Maurice KAMTO, représente pour Paul BIYA aujourd’hui, l’alternative la plus sûre. Les impatiences qui se font ressentir dans les cercles du pouvoir quant à la succession de ce dernier, ne résisteront pas longtemps à la tentation de précipiter la retraite politique et sociale du dictateur, dans des circonstances qui peuvent s’avérer violentes . De ce point de vue, KAMTO pour lui est assurément l’assurance – vie – retraite la plus sûre.

Enfin, Maurice KAMTO apparaît aussi comme la solution du consensus politique camerounais. L’un des rares sinon le seul à même de concilier ce Cameroun qui souffre, avec sa diaspora qui souhaite apporter à ce pays sa contribution à son développement, de faire revenir le Cameroun sur l’échiquier des Nations respectables.

Telle nous semble être l’indispensable opération-lucidité qui permettra de secouer l’apathie générale, d’éviter au Cameroun le destin fatidique que lui prédisent de nombreux observateurs et de redonner espoir à ce peuple affligé, meurtri.

Me Amédée Dimitri TOUKO TOM

Ancien Conseiller Juridique SDF

Ancien Secrétaire Provincial SDF – Ouest

Militant – Analyste Politique

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