La lutte contre le coronavirus mobilise toutes les énergies à travers le monde où la solidarité est à l’épreuve. L’Afrique n’échappe pas à cet élan de solidarité. Faute de vaccins dans l’immédiat, la mobilisation de tous est recommandée. En conséquence, tous les gouvernements appellent à la vigilance et à la transparence pour la gestion des fonds collectés pour la lutte contre la Covid-19.
Dans l’industrie de la santé, une lutte sans merci est engagée. Qui découvrira le premier un vaccin contre le coronavirus ? Cette lutte acharnée a ouvert une guerre déclarée entre les praticiens de la santé, les médias et les laboratoires pharmaceutiques. L’occasion est trop belle pour lâcher le morceau. Ainsi, les risques de corruption sont avérés auprès des pouvoirs publics en Occident. La campagne menée contre le professeur Raoult est une preuve de la guerre déclarée par l’industrie pharmaceutique. L’Afrique subit elle aussi cette surenchère où les fonctionnaires se frottent déjà les mains. Les malversations se multiplient. Les circuits opaques de la corruption trouvent toute leur plénitude. Nous observons ici et là des scandales qui font surface et dont la presse et les réseaux sociaux se font l’écho. L’achat de matériel médical par le gouvernement devient une opportunité de corruption. Il faut y ajouter les fonds publics, les dons de certaines ONG et celles des personnalités civiles.
Comment gérer le matériel et les fonds ?
Le premier Ministre vient d’annoncer un audit des fonds de lutte contre la covid-19 par la Chambre des Comptes de la Cour Suprême. Mais le Contrôle Supérieur de l’État s’oppose à l’attribution de cet audit à la Chambre des Comptes de la Cour suprême. Encore une guerre déclarée pour le partage d’un butin de 180 milliards de FCAF entre fonctionnaires véreux. Au Cameroun, ces annonces laissent perplexes. En effet, rien ne peut freiner l’appétit des fonctionnaires. Il serait donc illusoire de croire que les fonds destinés à la lutte contre la Covid-19 connaitront un sort meilleur. Ces individus n’ont plus le sens patriotique et l’honneur qui l’accompagne.
Les annonces du Premier Ministre sont un coup d’épée dans l’eau. La machine des distracteurs des fonds publics est en marche. Les malades, comme d’habitude, seront les principales victimes. Les scandales de corruption ne font plus peur aux fonctionnaires très souvent protégés. Ils agissent en toute impunité.
On aurait pu imaginer une commission indépendante avec des fonctionnaires et des ONG qui maitrisent le mieux l’espace publique. Les ONG ont fait la preuve de leur efficacité et de leur honnêteté. Elles sont préparées à gérer les œuvres sociales. Cette proposition est légitime et ne mobilise pas une cohorte de fonctionnaires dont les tâches sont souvent très mal définies.
L’audit en cours ne freinera pas les appétits insatiables des prédateurs de la chose publique. Pour preuve, un autre scandale vient d’éclater. Que sont devenus les 4000 sacs de riz offerts par le magasin ORCA ? Qui aujourd’hui peut en garantir la distribution ? Encore une gestion opaque qui ne saurait dédouaner les fonctionnaires véreux qui sapent la solidarité nationale dans un environnement économique et social très fragilisé où la récession produit déjà ses effets.
Les fonds collectés pour la lutte contre la Covid-19 ne sauraient devenir un terreau de corruption pour les autorités. Sans douter de la détermination du Ministre de la Santé et du Premier Ministre, nous ne pouvons ignorer tous ces prédateurs aux appétits féroces.
Le Cameroun devrait-il se résigner au règne des kleptocrates plus que jamais gloutons et actifs ?

Par Michel Lobé Étamé
Journaliste

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