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En 1980, un économiste camerounais publie un ouvrage qui marquera durablement le débat sur la souveraineté monétaire en Afrique : Monnaie, servitude et liberté : la répression monétaire de l’Afrique.Quatre ans plus tard, le 27 décembre 1984, Joseph Tchundjang Pouémi s’éteint à l’âge de 47 ans. Son décès continue d’alimenter de nombreuses interrogations.
UN BRILLANT ÉCONOMISTE CAMEROUNAIS.
Né le 13 novembre 1937 à Bangoua, dans l’Ouest du Cameroun, Joseph Tchundjang Pouémi poursuit ses études supérieures en France, notamment à l’Université de Clermont-Ferrand. Élève de l’économiste Maurice Allais, futur prix Nobel d’économie, il soutient en 1968 une thèse de doctorat en sciences économiques sous la direction de Pierre Massé.Statisticien, professeur, chercheur et haut fonctionnaire, il est considéré comme l’un des économistes africains les plus brillants de sa génération. Certaines sources indiquent également qu’il fut parmi les premiers Africains agrégés en sciences économiques.
LA MONNAIE AU CŒUR DE LA SOUVERAINETÉ.
Pour Tchundjang Pouémi, une indépendance politique ne pouvait être réelle sans une véritable indépendance monétaire.Dans Monnaie, servitude et liberté, il analyse le fonctionnement du franc CFA et soutient que cette monnaie, créée durant la période coloniale puis maintenue après les indépendances, limitait la souveraineté économique des États africains.Il écrivait notamment :« Il convient qu’en Afrique la monnaie cesse d’être le territoire du tout petit nombre de “spécialistes” qui jouent aux magiciens. »Pour lui, la maîtrise de la monnaie constituait une condition essentielle du développement économique et de la liberté politique.
UNE CRITIQUE DES SYSTÈMES DE DOMINATION.
Joseph Tchundjang Pouémi ne critiquait pas uniquement les mécanismes hérités de la colonisation. Il dénonçait également la responsabilité des dirigeants africains qui, selon lui, acceptaient le maintien d’un système monétaire ne servant pas pleinement les intérêts de leurs peuples.Il plaidait pour la création d’une monnaie africaine véritablement souveraine, gérée par les États africains eux-mêmes.
UNE DISPARITION QUI CONTINUE D’ALIMENTER LE DÉBAT.
Le 27 décembre 1984, Joseph Tchundjang Pouémi décède à l’âge de 47 ans.Au fil des années, plusieurs auteurs, militants et personnalités ont affirmé qu’il aurait été empoisonné en raison de ses positions critiques sur le franc CFA. Toutefois, aucune enquête officielle ni aucune preuve publiquement établie n’a confirmé cette hypothèse. D’autres sources évoquent simplement un décès dont les circonstances n’ont jamais été clairement expliquées.Ce qui demeure incontestable, c’est que sa disparition est survenue seulement quatre ans après la publication de son ouvrage majeur, devenu aujourd’hui une référence dans les débats sur la souveraineté monétaire en Afrique.Aujourd’hui encore, Joseph Tchundjang Pouémi est considéré comme l’un des principaux penseurs africains de la souveraineté économique, et son œuvre continue d’alimenter les réflexions sur l’avenir monétaire du continent.
@africanparure
















