(écrits)

Poutine détruit avec Orechnik, le plus grand centre de stockage de gaz d’Europe où l’Union Européenne stockait 17 milliards de m3 de gaz GNL acheté à prix d’or aux Etats-Unis pour passer l’hiver 2026.

Les contes pour enfants nous enseignent que la faiblesse apparente d’un personnage comme d’un pays, peut cacher une force réelle, et que dans les relations internationales, les Nations qui transforment véritablement le monde sont le plus souvent celles qui mettent e avant, leur intelligence, ou leur légitimité morale et non celles qui crient fort ou menacent d’intervenir en Iran pour sauver les pauvres manifestants, alors que des dizaines de milliers de gazaouis sont morts sans aucune apathie de ces mêmes états.Le 3 janvier 2026, le monde regarde stupéfait à la télévision, le président du Vénézuela menotté descendre d’un avion de la police anti-drogue des Etats-Unis.C’est naturellement une humiliation en direct pour la Russie et la Chine qui étaient les parrains de Caracas. C’est surtout une faillite pour la Russie qui avait installé les équipements de défense aérienne. Le coup est dur et morceau difficile à avaler à Moscou. Mais dans les lignes qui suivent, vous allez remarquer que comme dans les contes pour les enfants, le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, va nous démontrer que la faiblesse apparente peut cacher une force réelle, et que dans les relations conflictuelles entre les Nations, certains pays, par leur intelligence et leur résilience peuvent surprendre les plus brutes et violents qui se croyaient tout permis.

L’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui commence dans les années 1950, en Union Soviétique, dans un village à l’Est de l’Ukraine et plus précisément dans le district de Stryj, dans la région de Lviv. Mais avant de vous la raconter, revenons aux leçons que nous inspirent les contes pour enfants.En 2025, nous avons préparé une nouvelle initiative destinée aux enfants camerounais des régions considérées comme les plus défavorisées de la région de l’Est et de l’Extrême Nord du pays. A terme, l’Institut d’Etudes Géostratégiques (ieg) mettra en place avec des enseignants du primaire un angle de lecture dans chaque salle de classe, histoire de donner très tôt à ces enfants sans parrains le goût et l’envie de la lecture. Pour sélectionner les livres à envoyer, je devais moi-même les lire, pour juger de leurs pertinences par rapport à l’objectif visé.Il s’agit notamment des livres lus par les enfants de ceux qui viennent nous commander en Afrique, comme :- Le Petit Prince (Antoine de Saint-Exupéry)- Les Contes de Charles Perrault et des frères Grimm (Cendrillon, Le Petit Poucet,) – Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll)- Les Trois Brigands (Tomi Ungerer)- Ernest et Célestine (Gabrielle Vincent)Si on veut que nos enfants aient demain la capacité d’intelligence des enfants des maîtres français, pour leur répondre et leur résister demain, il faut partir depuis la base.

Ces classiques de la littérature jeunesse en Occident, mettent tous en scène des personnages qui au début du roman ou de l’ouvrage, paraissent faibles ou complètement insignifiants. C’est la progression de la lecture qui va mettre en évidence petit à petit d’abord le courage et arriver à la fin du livre, à la force cachée du personnage qu’on méprisait au début. Ce qui nous intéresse à ce niveau est toujours de nous demander ce que les auteurs ont voulu faire transmettre aux enfants comme message universel, pour grandir courageux et surtout, futés. Et dans le cas précis de ces livres cités plus hauts, les enfants sont amenés à retenir que la vraie force ne réside pas toujours dans la puissance physique, mais dans la persévérance et l’intelligence, sans oublier aussi, quelque fois, la bonté.Ces livres enseignent tous aux enfants que dans la vie, la vraie force ne se mesure pas à la taille ou au bruit, mais à la capacité de croire en soi et surtout, de savoir rester fidèle à soi-même. Les enfants doivent ressortir de leurs lectures avec une leçon de vie qui se résume en une phrase : il ne faut jamais juger trop vite ceux qui semblent faibles ou juste silencieux, car ce sont souvent les gens les plus ingénieux et les plus résilients. C’est cette leçon de vie qu’après 4 ans de guerre en Ukraine, l’Occident semble toujours n’avoir pas retenu de la Russie.

Ils ont pourtant tous lu ces livres, mais apparemment, ils ont oublié les messages qu’ils contenaient et que leurs auteurs voulaient inculquer dans la tête des enfants encore en bas âges. Résultat des courses, ils accumulent les erreurs de perception sur la Russie et sur sa vraie force. C’est un comportement que j’ai aussi vu des occidentaux au sujet de la Chine. Aux yeux des plus grands spécialistes, la Chine n’est capable que de copier les merveilles qui ne peuvent exister qu’en Occident. Cette arrogance, a aveuglé les plus grands spécialistes du monde automobile qui n’ont pas vu la foudroyante innovation de la Chine arriver. Ils ont été ainsi reçu plein en face, l’imposante suprématie chinoise dans des choses qu’ils n’ont pas anticipé, comme les aimants, la raffinerie du métal argent (prochaine guerre que la Chine va leur déclarer.C’est la même chose, avec la Russie, dont le PIB ne pouvait être que proche de celui de l’Espagne. A aucun moment il n’y a eu personne dans tout ce beau monde pour leur rappeler que la Corée du Nord a un PIB inférieur à celui de nombreux pays africains, sans que cela empêche qu’elle soit une véritable puissance militaire, inégalable avec la production des missiles balistiques hypersoniques que personne n’arrive à produire en Occident, même pas les Etats-Unis.

Dans “Cendrillon”, l’héroïne est douce, silencieuse et même maltraitée. Mais son calme et sa patience finissent par triompher, puisqu’elle finit comme reine. Pour revenir à nous et à l’actualité, les pays qu’on a longtemps piétinés, humiliés peuvent, par leur résilience et leur culture, finir par occuper une place centrale dans la communauté internationale que personne n’imaginait il y a tout juste 30 ans.Dans “Le Petit Poucet”, c’est paradoxalement le plus petit et par conséquent, le plus faible des enfants qui au final, sauve sa famille, mais grâce à son intelligence et son courage. De la même manière que Poucet, certains pays en apparence faibles, comme la Russie, malgré leur PIB égal à celui de l’Espagne, c’est-à-dire sans puissance militaire et économique écrasante semblables à celle des Etats-Unis, peuvent grâce à leur intelligence stratégique, à la diplomatie et aux alliances avec d’autres pays même si aussi plus faibles comme la Corée du Nord, influencer le cours des événements mondiaux.Dans “Les Trois Brigands” (Tomi Ungerer), les brigands sont super-puissants et pour cela, ils sont menaçants et effrayants, mais c’est une petite orpheline taciturne et silencieuse qui va transformer leur vie. Sa supposé faiblesse à première vue va plutôt se révéler comme une grande force qui va changer leur destinée.

Dans le livre “Le Petit Prince” de Antoine de Saint-Exupéry, le Petit Prince semble au tout début, un personnage fragile et naïf sans oublier qu’il n’est pas très bavard. Ce qui pourrait conduire à des déduction hâtives de faiblesse. La suite du livre va nous révéler au contraire combien il incarne une force intérieure immense, notamment sa capacité à aimer, à poser des questions intelligentes et surtout, à révéler même aux adultes des choses importantes à première vue sans valeur. Pour revenir à nous aujourd’hui, la leçon que nous en tirons du Petit Prince pour les sujets d’actualité est qu’il faut faire attention à certains États comme la Russie, qui ne parlent pas fort sur la scène mondiale. Cela peut être dû au fait qu’ils n’ont pas les moyens pour financer le consensus et la soumission autour d’eux. C’est après le retour de Trump aux affaires le 20 janvier 2025, qu’on a appris par exemple que les Etats-Unis à travers USAID finançaient les journalistes dans le monde entier et des ONG complaisantes aux quatre coins du monde.

Le Petit Prince nous enseigne que même sans tout ces privilèges distribués pour avoir le consensus, il y a des états qui peuvent porter une force morale qui séduit une partie du monde sur la défense non pas des intérêts particuliers, mais de certaines valeurs universelles, comme le droit des peuples faibles à ne pas être spoliés. Un pays peut être “fort” aux yeux du reste du monde, même sans disposer des bases militaires aux quatre coins du monde, mais parce qu’il incarne une cause juste.Le quotidien américain, le New York Time d’avant hier lundi le 12 janvier 2026 avait ce titre à la une : “L’arsenal redoutable de la Russie s’est essoufflé au Venezuela. Voici pourquoi.”Sous-titre : Le régime vénézuélien disposait de systèmes de défense aérienne performants fournis par ses alliés du Kremlin, mais n’a pas réussi à en déployer une grande partie.———————(…)

Les systèmes de défense aérienne S-300 et Buk-M2, de fabrication russe et très vantés, étaient censés symboliser les liens étroits entre le Venezuela et la Russie, deux rivaux des États-Unis. Leur alliance semblait conférer à la Russie une influence croissante dans l’hémisphère occidental.En 2009, dans un contexte de tensions avec Washington, le Venezuela annonçait en grande pompe l’achat de systèmes de défense aérienne à la Russie. (…)Mais ces systèmes n’étaient même pas connectés aux radars lorsque les forces américaines sont entrées dans l’espace aérien vénézuélien le 3 janvier 2026,Le New York Time cite deux anciens responsables américains, et selon eux, Moscou aurait expressément laissé se détériorer les systèmes vendus au Venezuela pour le seul but d’éviter une confrontation militaire directe avec Washington.Yaser Trujillo, un analyste militaire vénézuélien, au New York Times déclare :« Les forces armées vénézuéliennes étaient pratiquement prises au dépourvu face à l’attaque américaine », (…) « Leurs troupes n’étaient pas dispersées, le radar de détection n’était ni activé, ni déployé, ni opérationnel.

C’est une série d’erreurs qui a permis aux États-Unis d’opérer aisément, face à une menace très faible de la part du système de défense aérienne vénézuélien. »————————–https://www.nytimes.com/…/venezuela-russian-weapons…Cette narration est immédiatement reprise par un media de Moscou proche de l’Occident, le Moscow Times qui titre : “La défense aérienne russe au Venezuela a failli lors d’une opération américaine – NYT”—————Source : https://www.themoscowtimes.com/…/russian-air-defenses…Je retiens non seulement le titre du New York Time : “L’arsenal redoutable de la Russie s’est essoufflé au Venezuela”, c’est-à-dire que la défense aérienne russe au Venezuela n’a été à la hauteur des promesses lors de l’attaque de la résidence de Maduro durant une opération américaine ordonnée par le président des Etats-Unis le 3 janvier 2026. Mais aussi et surtout, je retiens cette phrase qui dit : “Moscou aurait expressément laissé se détériorer les systèmes vendus au Venezuela pour le seul but d’éviter une confrontation militaire directe avec Washington”.En d’autres mots, Vladimir Poutine avait si peur de Donald Trump qu’il a volontairement éteint la défense aérienne vénézuélienne, pour éviter toute confrontation militaire avec les Etats-Unis.

Dommage pour le prestigieux quotidien américain, le New York Time qui n’a rien retenu comme enseignement des contes pour les enfants et que la suite de cette leçon va nous démontre l’exact contraire des propos du journal, avec le Missile Orechnik juste 5 jours après visant non pas n’importe quelle cible en Ukraine, mais le stock de gaz qui avait livré par les Etats-Unis destinée aux pays de l’Union Européenne. Et surtout, je ne suis pas certain que le New York Time n’en soit pas au courant. Ils ne se sont toujours pas remis du coup de surprise de la réponse de Poutine à une série d’évènement, depuis les drones sur sa résidence, jusqu’à l’arraisonnement d’un bateau russe, en passant par la capture du président Maduro. C’est en tout cas ce que pensent plusieurs spécialistes des questions militaires. Le magazine français Histoire et Société du 10 janvier 2026 avait à sa une ce titre :”Un missile Oreshnik s’abat sur la plus grande réserve européenne de gaz”, par Jean-Luc PickerSous-titre : Pourquoi le black-out complet des médias sur la réponse de Poutine et pourquoi les Européens sont-ils allés stocker leur réserve de gaz (achetée à prix d’or aux Etats-Unis ) dans une zone de guerre ?Le journaliste français Jean-Luc Picker écrit : —————-L’installation de stockage souterrain de gaz Bilche-Volytsko-Uherske (ISSG), rendue inopérante lors de la frappe d’IRBM d’Oreshnik hier, était la plus grande d’Europe, avec une capacité de 17,05 milliards de mètres cubes. Elle utilise le réservoir de gaz épuisé Bilche-Volytsko-Uherske pour stocker du gaz jusqu’à 2 km sous terre. JSC Ukrtransgaz, filiale de la NJSC Naftogaz ukrainienne, possède et exploite Bilche-Volitsko-Uherske, ainsi que de nombreuses petites installations, pour une capacité totale de plus de 30 milliards de mètres cubes.

En avril 2023, Ukrtransgaz a obtenu la certification européenne pour stocker du gaz européen à Bilche-Volitsko-Uherske, et depuis lors, il est devenu une pierre angulaire du stockage de gaz européen. Avec la destruction de Nordstream en septembre 2022, les puissances de l’UE ont rapidement approvisionné leurs propres sites de stockage, mais leur capacité totale était insuffisante pour éviter les pénuries d’énergie en hiver, lorsque la demande de gaz naturel atteint son pic. Il semble incroyable que l’UE stocke du gaz en Ukraine compte tenu de la guerre, cependant Bilche-Volitsko-Uherske, située à 50 km au sud de Lvov, était considérée comme relativement sûre face aux attaques par l’arsenal habituel d’actifs russes d’attaque. Tout missile de croisière, petit missile balistique ou frappe de drone ne pourrait causer que des dommages superficiels à l’installation de surface, des dommages qui n’affecteraient pas le gaz stocké loin sous terre et qui pourraient être rapidement réparés. Ainsi, à partir de la mi-2023 et jusqu’à hier encore, l’UE a progressivement augmenté ses réserves de gaz stockées à Bilche-Volitsko-Uherske jusqu’à ce que plusieurs milliards de mètres cubes de gaz européen y soient conservés – plus de 10 % des besoins annuels de l’Europe. Il y avait une réserve : aucune de ces réserves n’était assurée, car les compagnies d’assurance refusaient d’assurer le gaz stocké en Ukraine, pour des raisons évidentes. Ainsi, au lieu d’assurance, la Commission européenne a élaboré un enchevêtrement complexe de garanties financières via la BERD. Après la frappe d’Oreshnik, une grande partie de l’installation de surface Bilche-Volitsko-Uherske est en ruine, y compris les têtes de puits. Les puits sont gravement endommagés et, s’ils ne sont pas bouchés, ils expulsent d’énormes quantités de gaz qui sont bien sûr en feu. 10 % des réserves de gaz européennes pour l’année sont désormais inaccessibles, et le resteront pendant des mois, voire des années. (…)

Cette ISSG, construite par l’URSS à son extrême ouest dans le but stratégique de distribuer son gaz aux pays européens, est de loin la plus grande d’Europe.Ce qui est contre-intuitif, c’est que l’essentiel du gaz qui y est stocké est en fait du gaz ‘européen’. L’intérêt de l’utilisation de cette ISSG pour les Européens est qu’elle est bien connectée à ses réseaux gaziers. (…)Ce qui est notable, c’est le black-out total dans les médias occidentaux de ce qui s’est déroulé à Stryi. L’utilisation d’un missile Oreshnik n’est mentionnée que par CNN, mais il n’est pas fait mention dans le reportage de destructions à l’ISSG. On ne sait même pas où le missile a frappé : « Les autorités russes n’ont pas révélé la cible de l’Oreshnik, mais les autorités ukrainiennes ont rapporté plusieurs explosions et une frappe de missile balistique sur Lviv, en Ukraine occidentale ». Les dirigeants européens seraient-ils gênés d’avouer qu’une partie stratégique de leurs réserves énergétiques est maintenant coincée sous deux kilomètres de sol ukrainien, voire même est en train de partir en fumée ? Auraient-ils le sentiment que cela pourrait contrecarrer leurs efforts pour convaincre leurs opinions publiques de la nécessité de se préparer à la guerre contre une Russie aux abois ? (…)——————-Source : https://histoireetsociete.com/un-missile-oreshnik-sabat…/CNN semble ne pas être au courant du fait que le missile envoyé par Poutine a mis hors d’usage le plus grand site de stockage de gaz d’Europe. Et pourtant, ils sont nombreux ceux qui mettent le lien direct avec la réponse de Poutine, non pas aux ukrainiens, mais aux Americains et aux Européens. (…)(…)Lire la suite sur www.pougala.net

Jean-Paul Pougala

Mercredi le 14 Janvier 2026

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