(édito)

Au cours du sommet Africa Forward qui s’est tenu à Nairobi, capitale du Kenya,
Emmanuel Macron a déclaré : « Le pré carré » de la France en Afrique, « c’est terminé ».
Ces propos ont résonné comme un aveu d’échec de la part du chef d’Etat français qui
reconnait ainsi explicitement le rôle trouble de la France dans la gouvernance décriée des
mandats sans limite de ses protégés.
Mais faut-il pour autant croire le locataire de l’Elysée dont le mandat expire en 2027 ?
La déclaration d’Emmanuel Macron lors du sommet Africa Forward soulève des questions
sur l’évolution des relations entre la France et l’Afrique francophone. D’un côté, il semble
vouloir marquer un tournant dans la politique française en Afrique, en s’éloignant des
anciennes pratiques néocoloniales. De l’autre, les actions et les stratégies de la France sur
le continent peuvent parfois sembler contradictoires avec cette déclaration.
Il est important de considérer le contexte dans lequel il a fait cette déclaration, ainsi que les
actions concrètes qui suivront. La crédibilité de ses propos dépendra également de
l’engagement de la France à établir des relations basées sur le respect mutuel et la
coopération plutôt que sur l’influence ou le contrôle.
Les opinions sur cette question varient, et beaucoup resteront sceptiques tant qu’il n’y aura
pas de changements tangibles et durables dans sa politique française en Afrique.
Depuis son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron a mené une politique africaine de son pré
carré à l’image de ses prédécesseurs : coups d’états militaires, non-respect des
constitutions, tentatives de coups d’état dans les pays de l’AES… Que peut-on penser de
son testament sur sa politique africaine ?
Cette politique, à l’image de celle du grand maitre Foccart continue à susciter de
nombreuses critiques et controverses, notamment en raison de son approche qui semble
parfois perpétuer des pratiques héritées du passé, comme l’ingérence dans les affaires
internes des pays africains.
Bien que Macron ait exprimé le souhait de renouveler les relations entre la France et
l’Afrique, de nombreux observateurs estiment que des actions concrètes manquent pour
accompagner ces déclarations.

Les événements récents, tels que le soutien à des régimes contestés ou des interventions
militaires, soulignent une continuité avec la politique des anciens présidents français. Cela
a alimenté un sentiment de méfiance parmi les populations africaines et a ravivé des
critiques sur le néocolonialisme.
Le “testament” de sa politique africaine pourrait donc être perçu comme ambigu. D’un
côté, il annonce une volonté de changement et de partenariat égalitaire, mais de l’autre, les
actions sur le terrain ne semblent pas toujours refléter ces intentions.

Pour que son héritage en matière de politique africaine soit perçu de manière positive,
Macron devra démontrer un engagement sincère vers un véritable partenariat respectueux
et une prise en compte des aspirations des pays africains.

Par Michel Lobé Etamé
Journaliste Indépendant, Essayiste et romancier

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