interdiction d’Exportation du manganèse qui fînit par un protocole d accord;le grand écart entre les discours populistes et la réalité sur le terrain.

Le 20 juillet 2026 à Paris le groupe Français Eramet et la République gabonaise ont signé un protocole d’accord
structuré pour soit-disant transformer durablement la chaîne de valeur du
manganèse au Gabon dont les grandes lignes sont reprises ci-dessous.

  • Une feuille de route industrielle conjointe visant à augmenter la part de minerai
    de manganèse transformé par Eramet Comilog au Gabon
  • Trois scénarios industriels à l’étude pour transformer jusqu’à 700 kt de minerai
    de manganèse par an d’ici fin 2031 et alimenter la chaîne de valeur stratégique
    des métaux de la transition énergétique
  • Un cadre de travail structuré pour suivre et valider les conditions nécessaires à
    la viabilité économique des projets et à leur mise en œuvre, en particulier l’accès
    à l’énergie que la République gabonaise s’engage à assurer
  • Développement d’une filière gabonaise de production de biocharbon à partir des
    coproduits de l’industrie forestière
  • Lancement d’un fonds d’amorçage industriel « Fabriqué au Gabon » visant la
    création de nouveaux emplois dans le secteur industriel gabonais

Pour rappel
Le Gabon est le 2ème producteur mondial de manganèse derrière l’Afrique du Sud. La production varie entre 7 et 10 millions de tonnes par an.
Le Gabon veut créer plus d’emplois et industrialiser ce secteur clef de l’économie du pays. Avec une production de 7,4 millions de tonnes de minerai de manganèse en 2023.
Le 30 Mai 2025 le gouvernement gabonais a décidé d’interdire l’exportation de manganèse brut dès le 1er janvier 2029 affirmant que cette matière devra au préalable subir au moins une première transformation locale avant de quitter le pays,
« Par cette décision historique, le président de la République engageait résolument le pays sur la voie d’une politique industrielle ambitieuse, axée sur la transformation locale des matières premières, la montée en compétence de la main d’œuvre nationale, la maîtrise des chaînes de valeur technologique et la consolidation des recettes fiscales », indiquait le communiqué du gouvernement
« Une période transitoire de trois ans est accordée aux opérateurs du secteur pour procéder aux investissements requis, afin d’assurer une mise en œuvre progressive, mais irréversible de cette orientation souveraine »,

J’étais l’un des rare expert à dénoncer cette decision que j’avais même qualifié de populiste car j’ai la ferme conviction que la transformation locale des minerais ne se décrète pas mais elle se prépare, et le Gabon ̂ n’est pas prêt.

Les defis énergétiques,logistiques et competence humaine.
Le principal verrou reste d’ailleurs l’énergie. La métallurgie du manganèse est extrêmement énergivore. Produire localement des alliages métalliques nécessite des capacités électriques stables, abondantes et compétitives. Sans nouvelles infrastructures énergétiques — barrages hydroélectriques, centrales à gaz, réseaux haute tension modernes — le projet de transformation locale pourrait rapidement se heurter à ses limites techniques. Ce défi énergétique est probablement l’élément central de toute la stratégie industrielle gabonaise. La souveraineté minière du Gabon dépendra directement de sa capacité à produire suffisamment d’électricité pour alimenter une industrie lourde moderne.


À cela s’ajoute un enjeu logistique stratégique. Le manganèse gabonais repose sur un corridor industriel vital reliant Moanda au port minéralier d’Owendo grâce au Transgabonais exploité par Setrag, autre filiale du groupe Eramet. La moindre perturbation ferroviaire impacte immédiatement la production nationale. En 2024, plusieurs incidents sur la voie ferrée ont provoqué une baisse importante de la production et des exportations. Au premier trimestre 2024, la production de manganèse au Gabon a chuté de 23,9 %, tombant à environ 2,44 millions de tonnes contre plus de 3,19 millions au trimestre précédent.
Ces difficultés démontrent que la transformation locale nécessitera une logistique encore plus robuste. Car il ne s’agira plus seulement de transporter du minerai brut vers les ports, mais aussi de gérer des flux industriels complexes : alliages, produits raffinés, composants métallurgiques, équipements industriels et approvisionnement énergétique. Dans cette architecture, le port minéralier d’Owendo et le Transgabonais deviendront des infrastructures encore plus stratégiques qu’aujourd’hui.
L’autre défi majeur concerne la compétence humaine et technologique. Une véritable industrialisation exige des ingénieurs, des techniciens spécialisés, des métallurgistes, des électromécaniciens et des opérateurs industriels hautement qualifiés. Le succès du projet dépendra donc également de la capacité du Gabon à former localement une nouvelle génération de compétences industrielles capables d’accompagner cette mutation économique.

Le Gabon tombe dans son propre piège

Le protocole d’accord signé récemment à Paris ne prévoit la transformation que d’une partie du minerai. Les investissements, pour leur part, restent soumis à plusieurs conditions : disponibilité de l’électricité, sécurité énergétique, modernisation du Transgabonais et mobilisation des financements. En réalité, le Gabon n’obtient que des intentions et des promesses.
Eramet, elle, obtient du temps. Or, dans ce type de négociation, le temps constitue déjà une concession.
Autre curiosité qui ne manque pas d’interroger : malgré les difficultés rencontrées sur plusieurs de ses activités internationales, le groupe français Eramet continue de tirer une part essentielle de ses performances de la Comilog.

ERAMET grand stratège

En effet à l’annonce de l’interdiction d exportation du manganèse brut à partir de 2029 ; j avais été très clair que le groupe Eramet ne fera jamais une transformation locale du manganèse brut au gabon et que le complexe métallurgique de moanda était suffisant et ils devront juste augmenter sa capacité. j étais meme aller plus loin dans mes analyses en declarant que le groupe Eramet quittera le Gabon s’ils n’obtiennent pas gain de cause car on ne peut pas se reveiller un matin et dire à une compagnie qui exploite et exporte du manganèse brut depuis 70 ans au gabon que dans 3 ans ils devront tout transformer sur place ; alors qu’ils ont deja des unités de transformation à l étranger et’proche des gros consommateurs. Transformer au gabon voudrait dire fermer les unités existantes à l etranger , s éloigner du consommateur, augmenter ses coûts de production car au gabon l’accès à l energie complétive et suiffisante sera impossible.
Eramet en grand stratège a amené tactiquement le guvernement gabonais à revenir à l’évidence tout en leur faisant rêver.
1- Ils ont aissé les accidents se multiplier sur le Transgabonais (gérer par setrag qui est une filiale d eramet ) ce qui a conduit à une baisse de la production de plus de 20%
2- ils ont fait entrer le gabon dans l actionnariat du groupe Eramet
3-Ils ont mis le gouvernement français à contribution dans le lobbying
4- ils ont éactivé la transformation locale qui etait au ralenti au niveau du complexe métallurgique de moanda tout en leur montrant les déficits en energie, son coût qui joue sur la compétitivité du produit transformé localement sur le marché international.

Cet approche a permis à Eramet d’obtenir ce qu’ils voulaient , en principe la signature du procole d accord à paris signifie simplement que l’ exportation du manganèse brut continuera au delà de 2029 et que la transformation locale du manganèse ne se fera que lorsque le Gabon en tant que pays fera son job et sera prêt (énergie, infrastructures, logistique, compétence humaine)
Le Groupe Eramet projet dans le protocole d accord une de transformation lovale de 700,000 tonnes par an sur conditions à partir de 2031 . Ce qui représente moins de 8% de leur production locale; c”est un échec cuissant pour le gabon, une capitulation .
Nous sommes très loin des discours politiques, populistes; parfois on se demande qui sont ces collaborateurs techniques de nos hommes politiques qui leur abreuvent des idées utopistes ? dans un autre pays les têtes tomberont très rapidement.

Il faut que ce soit clair , pour avoir travaillé avec les multinationales; j ai eu l honneur d être dans les àti chambres de leur stratégie Le groupe Eramet ne transformera jamais dans son entièreté(même pas de 10%) sa production localement ; ils vont préférer vendre la mine de moanda que de se jeter dans cette aventure car plus de 70% du chiffre d’affaire du groupe Eramet provient de la mine de manganèse de moanda au Gabon et les reserves sont entrain de baisser considérablement.

Dr Bareja Youmssi
Expert en mines et pétrole
Enseignant-chercheur

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