Afrique News

La Loi sur la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon, un hors sujet en ces temps de crise sanitaire.

Concernant la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon, vous me pardonnerez d’avance, mais bien que quelques arguments soient intéressants, beaucoup d’autres sont complétement à l’ouest.

Répondre à la question de la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon sous le prisme des religions imposées par la colonisation et l’esclavage des noirs est un non sens.

De même, que répondre à la question de la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon sous le prisme de la condamnation par la Loi, est un hors sujet pattant.

En effet, l’homosexualité existe dans la société gabonaise depuis très longtemps. Cependant, à ce jour aucun citoyen vivant au Gabon n’a été condamné par la Loi Gabonaise au seul motif d’homosexualité, car nous vivons justement déjà dans une société de tolérance.

Par contre, argumenter sur le fait que la législation peut être perçu comme discriminante envers les homosexuels, car limitant leurs libertés comme le droit de se marier, d’adopter des enfants, etc… est une argumentation fondée de bon sens.

Cependant, combien d’actes juridiques ont été portés devant la Loi au motif de discrimination envers les homosexuels ?
Et donc, d’où vient le besoin de réformer la Loi alors qu’aucun citoyen ne s’en plaint.

Par conséquent, bien que fondée de bon sens, en faire le fond du débat serait une analyse trop simpliste de la question qui se pose aux Gabonais.

Car, passé le premier degré simplet de la question, le fond du débat ne se résume qu’en une question et tout autre ne serait que hors sujet :

Notre vision du monde en tant que Gabonais et donc en tant qu’africain se doit-elle d’être un copier-coller de celle des occidentaux ?

Les coutumes et les mœurs sont ce qui composent la culture. La culture quant à elle, définit l’identité d’une communauté.

Ainsi, bien que s’adaptant progressivement à la mondialisation, chaque culture repose sur des spécificités qui définissent les valeurs, les modes de pensée et les codes de conduite de ceux qui la composent.

En l’espèce, un occidental ne pensera pas, ne réfléchira pas et ne se comportera pas typiquement comme un Arabe, un Chinois ou un Africain et inversement. 
Chaque peuple aussi petit qu’il soit possède sa propre culture.

Donc, bien qu’il existe des valeurs morales universelles qui sont les bases d’une culture mondialisée, il existe, avant tout, des valeurs morales propres à chaque peuple.

C’est en cela que, ce qui est perçu comme normal du point de vue de la culture en Europe ne l’est pas forcément en Asie, au moyen Orient ou en Afrique et inversement.

C’est une simple question de bon sens.

Un autre hors-sujet consiste à réfléchir à la question de l’homosexualité au Gabon en se basant sur un point de vue de Gabonais évoluant dans un milieu occidental.

En effet, bien qu’ayant accepté, par intégration, assimilation ou par tolérance, le mode vie occidentale, car s’adaptant à la culture et au mode de vie du lieu où nous vivons, ce serait un hors-sujet de concevoir la question de l’homosexualité au Gabon et en Afrique selon le même mode de pensée. 
La culture Occidentale n’est pas la culture africaine encore moins la culture gabonaise.

Le faire reviendrait tout simplement à penser insidieusement que la culture occidentale serait supérieure à la culture africaine et Gabonaise et que par conséquent, il faudrait l’imposer à ces derniers comme une vérité générale.

Ainsi, concevoir la question de l’homosexualité au Gabon selon le mode de pensée à la Française fait, par conséquent, de ceux qui s’en font le fer de lance, non pas des intégrés, mais des assimilés.

Pour finir, le devoir de tout homme en parfaite harmonie est d’agir en faisant abstraction de tout désir que peut faire naître en lui le fruit de son acte.

Ce qui m’amène pour terminer à la question suivante :

Bien que la sujet de la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon soit fondée, n’était-il pas prématuré de l’aborder ainsi dans notre société actuelle et surtout à l’heure de la crise sanitaire que nous traversons ?

Sten FANGUINOVENY

Related Posts